Culture
L’Afrique en quête de reconnaissance : l’Unesco renforce son engagement pour le patrimoine du continent
Alors que l’Afrique ne représente que 9 % des sites classés au Patrimoine mondial, l’Unesco intensifie ses efforts pour valoriser les trésors culturels et naturels du continent.
L’organisation internationale, sous l’impulsion de sa directrice générale, a fait de l’Afrique une priorité absolue. Malgré des progrès notables, le déséquilibre persiste : près d’un quart des sites en péril dans le monde se trouvent sur le continent, alors que celui-ci abrite une richesse patrimoniale encore trop méconnue. Parmi les candidatures récentes figurent des joyaux comme l’archipel des Bijagos en Guinée-Bissau, célèbre pour ses mangroves et sa biodiversité unique, ou les forêts de Gola Tiwai en Sierra Leone, refuge d’espèces menacées.
Les Monts Mandara au Cameroun et le Mont Mulanje au Malawi sont également en lice pour une inscription, témoignant de la diversité des paysages africains. Une stratégie volontariste a été mise en place pour accompagner les pays dépourvus de sites classés, avec un budget en hausse dédié à la préservation et à la formation d’experts locaux. Pourtant, le retard reste important : sur plus de 1 200 sites mondiaux, seulement 108 se situent en Afrique subsaharienne.
L’histoire du Patrimoine mondial a pourtant débuté sur ce continent, avec le sauvetage du temple d’Abou Simbel en Égypte dans les années 1960. Mais les indépendances récentes et les priorités économiques ont longtemps relégué la protection du patrimoine au second plan. De plus, les critères initiaux, centrés sur une vision occidentale des monuments historiques, ont marginalisé les cultures vivantes et les traditions africaines.
Aujourd’hui, l’Unesco intègre davantage les sites sacrés, les architectures en terre et les paysages culturels, reflétant mieux l’identité du continent. Mais les défis restent immenses : conflits armés, changements climatiques et exploitation des ressources menacent ces trésors fragiles. Pour les défendre, les communautés locales jouent un rôle clé, comme en Guinée-Bissau, où la protection des Bijagos s’appuie sur des savoirs ancestraux.
L’enjeu dépasse la simple reconnaissance : il s’agit de faire du patrimoine un levier de développement durable, en harmonie avec les aspirations des populations. Un équilibre délicat, mais essentiel pour préserver l’héritage africain pour les générations futures.
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10 juillet 2025 at 13 h 35 min
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