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Culture

L’Afrique en quête de reconnaissance : le défi du Patrimoine mondial

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Alors que le continent ne représente que 9% des sites classés, l’Unesco intensifie ses efforts pour rééquilibrer la balance en faveur de ses trésors culturels et naturels.

L’Afrique, berceau de l’humanité et terre de diversité, reste paradoxalement sous-représentée sur la liste du Patrimoine mondial. Malgré des paysages époustouflants comme les mangroves des Bijagos en Guinée-Bissau ou les forêts de Sierra Leone, refuge d’éléphants menacés, le continent ne compte que 108 sites classés en Afrique subsaharienne, sur plus de 1 200 à l’échelle globale. Pourtant, l’Unesco a fait de cette région une priorité, augmentant son budget dédié à 27% d’ici 2025.

L’histoire aurait pu être différente. Dès 1959, la sauvegarde du temple d’Abou Simbel en Égypte avait marqué les débuts de la Convention du patrimoine mondial. Pourtant, de nombreux États africains, fraîchement indépendants, ont tardé à ratifier le texte, focalisés sur des enjeux de développement. Une vision initiale du patrimoine centrée sur les monuments européens a également marginalisé les traditions vivantes et les architectures vernaculaires du continent.

Les mentalités évoluent. L’Unesco intègre désormais des sites sacrés ou des constructions en terre, valorisant leur dimension spirituelle et sociale. Des programmes de formation émergent pour outiller les experts locaux. Mais les défis persistent : conflits, changements climatiques et exploitations minières menacent ces joyaux.

En Guinée-Bissau, l’archipel des Bijagos illustre cette quête de reconnaissance. Après un échec en 2012, sa candidature s’appuie sur des recherches scientifiques et le savoir-faire ancestral des communautés, garantes de la préservation des tortues marines et des oiseaux migrateurs. « Le tourisme doit respecter notre culture, pas la transformer en attraction », insiste une responsable locale.

Si le chemin reste long, l’Afrique prouve chaque jour que son patrimoine, loin d’être figé, est un levier essentiel pour son avenir.

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