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La mue, nouvelle épreuve fatale pour les manchots empereurs

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Le réchauffement climatique compromet une phase biologique cruciale de ces oiseaux endémiques de l’Antarctique. Privés de banquise stable pour renouveler leur plumage, leur survie est directement menacée.

Les manchots empereurs affrontent une vulnérabilité accrue en raison de la disparition rapide des surfaces glacées dont ils dépendent. Une récente analyse met en lumière les risques majeurs pesant sur leur période de mue annuelle, un processus physiologique essentiel à leur survie. Chaque année, ces oiseaux incapables de voler doivent en effet renouveler intégralement leur plumage, une opération qui les immobilise pendant plusieurs semaines sur la glace et les contraint à puiser dans leurs réserves corporelles.

Des observations satellitaires menées sur plusieurs années révèlent une inquiétante évolution. Les colonies repérées le long des côtes de la terre Marie Byrd, en Antarctique occidental, se font de plus en plus rares et concentrées. Le nombre de groupes identifiés a considérablement diminué, passant d’une centaine à seulement vingt-cinq sur une période récente. Cette contraction spatiale coïncide avec un recul historique de la banquise côtière dans la région, dont la superficie s’est réduite de manière drastique.

Les scientifiques émettent l’hypothèse que de nombreux individus pourraient avoir disparu. La glace, désormais trop fragile et éphémère, se fracture parfois avant la fin de la mue, contraignant les oiseaux à regagner une mer glaciale alors que leur plumage n’est pas encore imperméable. Dans ces conditions, les risques d’épuisement, d’hypothermie ou de prédation deviennent extrêmes. Il est également possible que certaines colonies aient tenté de se déplacer vers d’autres sites, mais les alternatives stables se raréfient.

Cette pression s’ajoute aux difficultés déjà documentées pendant la saison de reproduction, où l’effondrement précoce de la banquise entraîne régulièrement la perte de couvées entières. L’accélération du réchauffement dans cette région du globe, bien supérieure à la moyenne planétaire, aggrave un scénario déjà critique pour l’avenir de l’espèce. La disparition des plates-formes glaciaires stables remet en cause les cycles biologiques fondamentaux de ces animaux, dont la population globale montre des signes de déclin préoccupants.

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