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La France face à la montée des traitements contre le TDAH

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Entre avancées médicales et vigilance accrue, la prescription de psychostimulants connaît une croissance significative pour prendre en charge ce trouble longtemps sous-diagnostiqué.

Le recours aux médicaments destinés à traiter le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est en nette augmentation en France. Cette tendance reflète à la fois une meilleure reconnaissance de ce trouble neurodéveloppemental et une prise de conscience accrue de ses répercussions sur la vie quotidienne des patients. Le méthylphénidate, substance active de la Ritaline, a vu ses prescriptions augmenter de plus de 150 % entre 2020 et 2024, selon les données de l’assurance maladie.

Classés parmi les stupéfiants, ces traitements agissent sur le système nerveux central en atténuant les symptômes caractéristiques du TDAH, tels que les difficultés de concentration, l’hyperactivité ou l’impulsivité. Les spécialistes soulignent leur efficacité, tout en rappelant la nécessité d’un suivi rigoureux. Le professeur Olivier Bonnot, pédopsychiatre, estime qu’il s’agit de « l’un des traitements les plus performants disponibles ».

Longtemps sous-estimé en France, le TDAH toucherait environ 6 % des enfants et adolescents et 2,5 % des adultes à l’échelle mondiale. Les manifestations varient selon les individus et évoluent avec l’âge. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas d’une pathologie binaire, mais d’un continuum de symptômes qui, lorsqu’ils deviennent handicapants, justifient une prise en charge adaptée.

Si les États-Unis ont adopté une approche plus médicalisée, avec près de la moitié des jeunes diagnostiqués sous traitement, la France reste prudente, avec seulement 10 % des patients concernés. Cette différence s’explique en partie par des réticences culturelles, certaines craintes persistantes autour des psychostimulants et des accusations infondées à l’encontre des familles. Claudine Casavecchia, présidente de l’association HyperSupers, déplore ces préjugés qui freinent encore certains patients.

Les témoignages des personnes concernées illustrent la diversité des expériences. Vanessa, enseignante de 51 ans, évoque une amélioration notable de sa capacité à se concentrer, tout en soulignant que le médicament n’est pas une solution magique. Alexandre, ingénieur de 26 ans, souligne l’aide précieuse que lui apporte son traitement depuis l’enfance. À l’inverse, Thibault, 33 ans, garde un souvenir douloureux de la Ritaline, qu’il associe à une sensation d’engourdissement.

Les effets secondaires, bien que généralement modérés, peuvent inclure des troubles du sommeil, une perte d’appétit ou des maux de tête. Les experts insistent sur l’importance d’un ajustement personnalisé des doses pour minimiser ces inconvénients. Par ailleurs, l’arrivée récente en France de la lisdexamphétamine, une nouvelle molécule déjà utilisée ailleurs en Europe, ouvre des perspectives thérapeutiques supplémentaires.

La question du mésusage et de la dépendance potentielle demeure un sujet de vigilance. Les personnes atteintes de TDAH présentent un risque accru de comportements addictifs, mais un traitement bien conduit peut justement réduire ce danger en améliorant la gestion des symptômes. Les alternatives non médicamenteuses, comme la psychoéducation, complètent désormais l’arsenal thérapeutique disponible.

En définitive, la progression des prescriptions reflète une meilleure prise en charge du TDAH en France, tout en appelant à une approche équilibrée, où la médication s’inscrit dans un accompagnement global adapté à chaque patient.

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