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La France appelle l’Europe à classer les Frères musulmans comme organisation terroriste

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_**L’Assemblée nationale a voté une résolution en ce sens, ouvrant une journée parlementaire marquée par de vifs affrontements et d’autres propositions sensibles portées par la droite.**_

Les députés ont adopté jeudi un texte invitant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des entités terroristes. Ce vote, premier d’une journée réservée au groupe Les Républicains, est intervenu dans un climat particulièrement tendu. Le président du groupe, Laurent Wauquiez, a salué une initiative permettant selon lui de « sortir la France du déni », en demandant au gouvernement de relayer cette position au niveau de l’Union européenne.

L’exécutif, par la voix de la ministre Éléonore Caroit, a exprimé des réserves, partageant l’objectif de lutte contre « l’idéologie séparatiste » mais jugeant la formulation juridiquement fragile. La résolution, qui n’a pas de valeur contraignante, a malgré tout recueilli les suffrages de la majorité présidentielle et des députés du Rassemblement national. L’ensemble des groupes de gauche s’y est opposé, l’écologiste Dominique Voynet dénonçant une « diversion politicienne opportuniste » susceptible de stigmatiser une partie de la population.

Les échanges se sont envenimés lorsque le député RN Laurent Jacobelli a associé le vote des Insoumis à un soutien aux positions des Frères musulmans sur l’homosexualité, provoquant une vive indignation à gauche. Le député LFI Pierre-Yves Cadalen, se déclarant homosexuel, a qualifié ces propos de « graves » et exprimé son profond trouble.

La niche parlementaire de la droite devait se poursuivre avec l’examen d’une proposition visant à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre utilisant leur arme. Le gouvernement, après des divisions en commission, a présenté une version amendée, écartant le terme de « légitime défense » mais établissant une présomption que les agents ont agi dans le cadre légal. L’entourage du ministre de l’Intérieur a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un « permis de tuer », mais d’une inversion de la charge de la preuve. La gauche a annoncé son opposition ferme, craignant une banalisation de l’usage des armes.

Dans un calendrier serré, les députés LR espéraient aussi faire adopter un texte autorisant certains commerces et établissements culturels à faire travailler leurs salariés le 1er mai. Cette mesure, déjà approuvée par le Sénat, a suscité une mobilisation syndicale devant le Palais Bourbon. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a affirmé que « les travailleurs et travailleuses ne sont pas à vendre ». Le rapporteur Thibault Bazin a défendu un dispositif « circonscrit » répondant selon lui aux difficultés pratiques de professions comme la boulangerie.

Enfin, une proposition controversée visant à interdire le port du voile pour les mineures dans l’espace public figurait également au programme. Plusieurs parlementaires, y compris dans les rangs de la majorité, avaient exprimé en commission des doutes sur sa constitutionnalité et son applicabilité.

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