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La France à la croisée des chemins face à l’essor de la cocaïne
_**L’Inserm dresse un constat sévère de l’inefficacité des politiques répressives et plaide pour une réorientation majeure des stratégies de santé publique.**_
La consommation de cocaïne et de crack constitue désormais un problème de société aux multiples facettes, selon une expertise scientifique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Les données révèlent une diffusion massive de ces substances, autrefois cantonnées à certains milieux. Aujourd’hui, près de dix pour cent des adultes déclarent avoir expérimenté la cocaïne, un chiffre qui a quintuplé en deux décennies. Cette démocratisation s’explique en partie par une offre abondante et des prix en baisse, rendant le produit accessible à des publics de plus en plus diversifiés.
L’analyse met en lumière les conséquences sanitaires graves et souvent sous-estimées de cette consommation, y compris dans un cadre dit récréatif. Les risques cardiovasculaires, les troubles psychiatriques et les dommages collatéraux pour l’entourage, notamment les enfants, sont systématiquement documentés. Les auteurs soulignent également l’absence de traitement pharmacologique validé contre l’addiction à ces stimulants, contrairement à d’autres drogues, ce qui complexifie la prise en charge.
Le rapport formule une critique appuyée de l’approche française, jugée trop focalisée sur la répression des usagers. Selon les experts, cette orientation contribue à la stigmatisation des personnes concernées tout en se révélant peu efficace pour endiguer les trafics. Ils préconisent un rééquilibrage des politiques publiques. L’effort répressif devrait, selon eux, se concentrer prioritairement sur les réseaux criminels organisés, tandis que les moyens sanitaires et sociaux devraient être considérablement renforcés.
Parmi les mesures plébiscitées figure le développement des politiques de réduction des risques. Ces dispositifs, qui visent à accompagner les personnes sans exiger l’abstinence immédiate, ont démontré leur efficacité à l’étranger pour limiter les overdoses et les transmissions infectieuses. Les salles de consommation à moindre risque, dont l’utilité est soutenue par un consensus médical, en sont l’illustration la plus connue. Leur déploiement en France reste pourtant marginal, face à des réticences locales persistantes.
En conclusion, l’expertise invite à une refonte profonde de la réponse publique. Elle appelle à intégrer davantage les dimensions sanitaires et sociales dans la lutte contre les addictions, en s’appuyant sur des données scientifiques plutôt que sur des logiques uniquement sécuritaires. L’enjeu est de transformer une approche souvent perçue comme punitive en une véritable stratégie de santé publique, capable de répondre à l’ampleur d’un phénomène désormais ancré dans la société.
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