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La directrice des Baumettes, une vie brisée par une mise à prix mafieuse

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_**L’ancienne responsable de l’établissement pénitentiaire marseillais a témoigné pour la première fois, décrivant une existence dévastée après la diffusion en ligne d’un « contrat » la visant, attribué à la DZ Mafia.**_

Devant le tribunal correctionnel de Marseille, une fonctionnaire en uniforme a livré un récit glaçant. Son quotidien a basculé lorsqu’une offre de mise à mort, promettant une récompense substantielle pour l’assassinat d’un représentant de l’État, a circulé sur les réseaux sociaux. Cette annonce, revendiquée par la nébuleuse criminelle DZ Mafia, désignait nommément la directrice de la prison des Baumettes. La publication a été relayée depuis l’intérieur même de l’établissement par deux détenus, dont le procès s’est ouvert mardi.

La magistrate a dû quitter Marseille en urgence, sous la protection de sa hiérarchie, pour un poste non choisi dans la capitale. Elle vit désormais sous escorte policière, dans un isolement qu’elle qualifie de profondément destructeur. S’adressant à l’un des prévenus, elle a confié que son existence avait été brisée. L’individu, jugé par visioconférence depuis une autre prison, a reconnu avoir partagé le contenu sur son compte Snapchat, avouant une démarche irréfléchie motivée par le désir de gagner en notoriété en ligne.

La procureure a souligné le rôle décisif des réseaux sociaux dans la propagation des messages criminels et le recrutement par ces organisations. Elle a estimé que la republication d’une telle menace ne pouvait être considérée comme un acte anodin, rejetant toute tentative de déresponsabilisation. La seconde personne mise en cause, qui a refusé de comparaître, avait initialement justifié son geste par une volonté de montrer « la folie » qui régnerait à Marseille.

Les réquisitions ont porté sur une peine d’emprisonnement ferme, assortie d’une partie avec sursis, pour apologie de crime et intimidation envers un dépositaire de l’autorité publique. La décision du tribunal est attendue fin janvier. Parallèlement, l’enquête sur les menaces visant l’encadrement des Baumettes se poursuit, avec déjà deux suspects mis en examen pour tentative d’homicide volontaire après une interpellation mouvementée aux abords de la prison.

À l’issue de l’audience, le geste de la magistrate remettant son gilet pare-balles avant de quitter le palais de justice est venu rappeler, de manière tangible, le danger qui continue de planer sur elle.

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