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Économie

Face à la dermatose bovine, les syndicats agricoles présentent une alternative à l’abattage systématique

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Alors qu’un nouveau foyer est identifié dans les Hautes-Pyrénées, la profession propose un protocole expérimental pour préserver les troupeaux, suscitant un vif débat sur la stratégie sanitaire nationale.

Les organisations agricoles de l’Ariège ont soumis au ministère de l’Agriculture une proposition de protocole sanitaire alternatif. Cette initiative intervient après la confirmation de deux nouveaux cas de dermatose nodulaire contagieuse, d’abord en Ariège puis dans le département voisin des Hautes-Pyrénées. Leur objectif est clair. Ils entendent mettre un terme à la pratique actuelle qui consiste à abattre la totalité des animaux d’une exploitation touchée.

Depuis le lever du jour, près de deux cents éleveurs maintiennent un blocage autour d’une ferme des Bordes-sur-Arize. Ils entendent ainsi empêcher l’euthanasie des deux cent huit bovins du cheptel, ordonnée par les autorités vétérinaires. Une seconde mobilisation, à l’appel de la Coordination rurale, est en cours dans les Hautes-Pyrénées pour un motif identique. Les responsables syndicaux affirment leur détermination à poursuivre ces actions jusqu’à un changement de position gouvernemental.

Lors d’une réunion en marge du rassemblement, les principaux syndicats, dont la FNSEA et la Confédération paysanne, ont formulé une demande commune. Ils réclament l’arrêt immédiat des abattages préventifs totaux et la mise à l’étude d’une nouvelle approche. Leur proposition préconise de ne sacrifier que les animaux malades, tout en maintenant le reste du troupeau sous surveillance sanitaire stricte pendant plusieurs semaines. Ils plaident également pour une campagne de vaccination élargie et rapide, au-delà des périmètres réglementaires actuels, et pour l’instauration de zones de protection réduites autour des foyers.

Cette demande s’applique, selon ses promoteurs, à l’ensemble du territoire national. Elle s’oppose frontalement au cadre réglementaire en vigueur, qui impose l’abattage complet des cheptels infectés et établit une zone réglementée de cinquante kilomètres de rayon. Dans ce périmètre, les mouvements de bétail sont fortement restreints et la vaccination est obligatoire.

Des éleveurs s’interrogent sur l’efficacité de ce dispositif, pointant des failles dans le contrôle de la propagation du virus. Ils soulignent l’apparition de cas dans des zones éloignées des foyers connus, sans lien épidémiologique évident avec des transhumances ou des achats d’animaux. En parallèle, une équipe d’experts du ministère s’est rendue sur l’exploitation ariégeoise pour procéder à une évaluation financière en vue d’une indemnisation par l’État, comme le prévoit la procédure.

Ce nouveau cas en Ariège est le premier recensé dans le département depuis l’émergence initiale de la maladie sur le sol français fin juin dernier. Les autorités sanitaires maintiennent que la situation épidémique reste maîtrisée. La colère du terrain a toutefois conduit le gouvernement à annoncer l’ouverture de réflexions sur une éventuelle vaccination préventive à grande échelle, un sujet qui divise profondément la filière.

Pour une partie des éleveurs, la vaccination massive constitue la seule issue pour éviter l’hécatombe dans les étables. D’autres acteurs, en revanche, craignent qu’une telle campagne ne compromette le statut sanitaire officiel du pays, essentiel pour les exportations. La ministre de l’Agriculture a elle-même exprimé des réserves, estimant qu’une généralisation de la vaccination pourrait être perçue négativement par les partenaires européens de la France.

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