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Culture

Ethan Hawke, l’alchimie d’une fidélité créative

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_**Nommé aux Oscars pour son rôle dans « Blue Moon », l’acteur revient sur la relation artistique unique qui le lie depuis trois décennies au réalisateur Richard Linklater.**_

La métamorphose est saisissante. Sous les traits de Lorenz Hart, parolier génial et tourmenté de Broadway, Ethan Hawke semble avoir abandonné toute apparence de lui-même. Cette incarnation, qui lui vaut une nomination aux Oscars, est pourtant le fruit d’un terreau familier. Le film « Blue Moon » marque une nouvelle étape dans sa longue collaboration avec le cinéaste Richard Linklater, une symbiose artistique où la confiance permet de tout oser.

L’acteur évoque une mécanique devenue instinctive, comparable à celle du cycliste qui pédale sans y penser. Une forme de lâcher-prise essentielle, selon lui, pour éviter la chute. Cette liberté se déploie pleinement dans le huis clos d’un bar new-yorkais, où se déroule l’essentiel du film. Dans cette nuit de mars 1943, le personnage fuit la première de la comédie musicale « Oklahoma! » pour se réfugier parmi les ombres et les conversations. Le récit, construit comme une longue scène de théâtre, repose entièrement sur la puissance du dialogue et la révélation progressive d’une solitude profonde.

Le projet est né il y a près de dix ans, peu après leur expérience commune sur « Boyhood ». Linklater savait que le temps travaillerait pour son acteur, affinant non seulement ses traits mais surtout sa maturité. Hawke reconnaît aujourd’hui que ce rôle exigeait l’ensemble des ressources accumulées au cours de sa carrière, bien au-delà du simple vieillissement physique. Il s’agissait de puiser dans une expérience de vie pour donner corps au désenchantement et à la mélancolie du personnage.

Cette nomination, la cinquième de l’acteur, couronne selon lui l’une des collaborations les plus fécondes de son parcours. Dès « Before Sunrise » en 1995, puis à travers la trilogie avec Julie Delpy et l’aventure singulière de « Boyhood », leur entente a construit un langage commun. Pour « Blue Moon », la lecture du scénario a immédiatement suscité chez eux l’envie de partager cette histoire, perçue comme un récit d’une intelligence rare. Le film devient ainsi le témoignage d’une alchimie durable, où la fidélité artistique permet de repousser sans cesse les frontières de l’interprétation.

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