Économie
État et ArcelorMittal unis face au projet de nationalisation
Le pouvoir exécutif et le géant sidérurgique affichent une position commune contre le texte porté par la gauche, au lendemain de son adoption en première lecture à l’Assemblée nationale.
L’exécutif et la direction d’ArcelorMittal ont exprimé conjointement leur désaccord avec la proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises du groupe sidérurgique. Cette prise de position intervient après le vote favorable des députés, jeudi, en première lecture. Le texte, porté par La France insoumise, devrait toutefois rencontrer des obstacles au Sénat, où la majorité s’annonce défavorable.
Le ministre de l’Économie a qualifié la nationalisation de « réponse populiste à un problème structurel », soulignant que la France devait privilégier une stratégie industrielle claire plutôt qu’une solution présentée comme illusoire. Dans la même veine, le ministre de l’Industrie a estimé que cette initiative créait une fausse impression de protection, sans régler les difficultés fondamentales telles que la baisse de la demande en Europe, la concurrence internationale déséquilibrée ou les coûts de production.
Le gouvernement insiste sur la nécessité d’une réponse européenne pour préserver la filière sidérurgique. Le ministre du Travail a rappelé que le véritable débat portait sur la lutte contre les importations massives d’acier à bas prix, en provenance notamment de Chine. Il a appelé à une action coordonnée au niveau de l’Union européenne, évoquant les mesures commerciales annoncées par la Commission, dont le relèvement des droits de douane.
De son côté, ArcelorMittal a réaffirmé son opposition au projet, jugeant que la nationalisation ne résoudrait en rien les difficultés structurelles du secteur. Le groupe a plaidé pour une approche centrée sur la compétitivité et l’adaptation aux réalités du marché, en soulignant que les principaux leviers d’action se situaient à l’échelle européenne.
À l’inverse, la CGT et plusieurs formations de gauche saluent un vote historique, fruit selon elles d’une forte mobilisation des salariés. La secrétaire générale de la confédération syndicale a appelé le gouvernement à respecter la décision des députés. Les socialistes, bien que favorables à une mise sous tutelle plutôt qu’à une nationalisation pleine et entière, ont apporté leur soutien au texte.
Un récent rapport d’experts pointe des problèmes multifactoriels au sein du groupe, notamment des sous-investissements chroniques dans les outils de production, tandis que l’entreprise privilégierait, selon ces analyses, la redistribution de liquidités à ses actionnaires. ArcelorMittal conteste ces conclusions et réaffirme son engagement en faveur d’une stratégie industrielle durable et compétitive.
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