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Des milliers d’enfants grecs adoptés aux États-Unis retrouvent leurs racines

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Pendant la Guerre froide, près de 4 000 petits Grecs ont été envoyés à l’étranger. Aujourd’hui, une loi leur permet de renouer avec leur pays natal.

Joanna et Sophia échangent à travers un écran, leurs mots traduits par une machine. Séparées par la langue mais unies par le sang, ces deux sœurs illustrent le destin complexe de milliers d’enfants grecs adoptés aux États-Unis entre les années 1950 et 1960. Joanna, qui répond aussi au prénom de Robyn outre-Atlantique, a passé sa vie au Texas avant de retrouver, à 66 ans, sa nationalité grecque en 2023.

Cette histoire s’inscrit dans un contexte historique méconnu. Après la guerre civile qui a déchiré la Grèce à la fin des années 1940, des milliers d’enfants, souvent issus de familles en grande précarité, ont été confiés à des foyers américains. Beaucoup de mères, veuves ou marginalisées, ont cédé leur progéniture dans l’espoir de leur offrir un avenir meilleur. Une pratique alors encouragée par la demande de couples américains en quête d’enfants blancs et en bonne santé.

Aujourd’hui, une loi adoptée en mai 2025 facilite la restitution de la citoyenneté grecque à ces adoptés, désormais sexagénaires ou septuagénaires. Pour Joanna, cette reconnaissance administrative marque l’aboutissement d’une quête personnelle. Après des années de recherches, elle a retrouvé sa mère biologique peu avant son décès, ainsi que ses frères et sœurs. Bien qu’élevée dans une famille adoptive qu’elle décrit comme peu démonstrative, elle cultive désormais des liens réguliers avec sa terre natale.

Mary Cardaras, elle aussi adoptée aux États-Unis, partage ce sentiment de reconquête identitaire. De retour en Grèce pour la première fois en 1972, elle s’est sentie immédiatement en phase avec les paysages et les odeurs de son enfance perdue. Comme beaucoup d’autres, elle a attendu la disparition de ses parents adoptifs pour entamer pleinement ce travail de mémoire.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient. Stephanie Pazoles a publié son émotion après avoir recouvré officiellement sa nationalité. « Submergée, ravie et sur un petit nuage », elle incarne cette génération qui, après des décennies d’éloignement, renoue enfin avec ses origines.

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