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Des familles sans-abri en quête d’un toit au pied de l’Hôtel de Ville

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Alors que Paris attire des millions de visiteurs, des dizaines de personnes, dont de nombreux enfants, patientent chaque soir dans l’espoir d’obtenir un hébergement d’urgence.

Sur le parvis de l’Hôtel de Ville, une file d’attente silencieuse se forme chaque soir. Des familles, des femmes seules, des nourrissons dans les bras, scrutent l’horizon en espérant une place pour la nuit. Entre les touristes et les animations estivales, leur présence rappelle une réalité souvent occultée. Les associations tirent la sonnette d’alarme face à la pénurie de solutions d’accueil, particulièrement criante en cette période estivale.

Parmi eux, une jeune mère ivoirienne serre son bébé contre elle, inquiète pour sa santé. Plus loin, une femme montre sa tente roulée sous le bras, dernier recours lorsque les structures saturées ne peuvent plus les prendre en charge. Depuis une semaine, près de deux cents personnes se rassemblent ici, majoritairement des migrants, dont un tiers d’enfants. Utopia 56, une association spécialisée dans l’aide aux exilés, tente de leur éviter une nouvelle nuit à la rue. Mais les places manquent.

Les raisons de cette saturation sont multiples. Entre la fermeture temporaire des écoles et gymnases habituellement réquisitionnés, la baisse des effectifs associatifs et les restrictions budgétaires, les solutions se font rares. Selon les organisations mobilisées, plus de vingt mille places d’hébergement manqueraient en France, une situation aggravée par la suppression de plusieurs milliers de lits destinés aux demandeurs d’asile.

Face à cette crise, une centaine de personnes ont manifesté devant les grilles de la mairie pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics. La Ville de Paris affirme maintenir ses efforts, avec plus de mille personnes actuellement logées dans des centres municipaux. La préfecture d’Île-de-France, de son côté, assure que le parc d’hébergement reste stable, avec des ouvertures compensant les fermetures estivales.

Pourtant, pour Maria et sa famille, arrivés il y a deux ans, la rue reste trop souvent l’unique option. Ce soir-là, ils échappent de justesse au trottoir en trouvant refuge dans un local associatif en Seine-Saint-Denis. Une solution temporaire, comme tant d’autres, qui ne résout rien. Demain, il faudra recommencer.

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