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Bad Bunny, ambassadeur de Porto Rico sur la scène du Super Bowl

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_**L’artiste portoricain, figure mondiale du reggaeton, s’apprête à se produire lors de la mi-temps de la finale du football américain, un événement suivi par des millions de téléspectateurs. Sa performance, entièrement en espagnol, est perçue comme un symbole de reconnaissance pour la communauté portoricaine.**_

Dans les rues de San Juan, la capitale de l’île, un sentiment d’orgueil collectif anime la population. La perspective de voir Benito Antonio Martínez Ocasio, plus connu sous le nom de Bad Bunny, occuper le devant de la scène lors du spectacle de la mi-temps du Super Bowl dimanche prochain suscite un enthousiasme palpable. L’artiste, originaire de Vega Baja, n’a jamais caché ses racines modestes et devrait interpréter ses titres dans sa langue maternelle devant une audience estimée à cent vingt millions d’Américains.

Pour de nombreux habitants, cette invitation représente bien plus qu’un simple concert. Elle est vécue comme une forme de consécration nationale. Un habitant de San Juan, Olvin Reyes, souligne que la participation d’une personnalité locale à un événement d’une telle envergure constitue une source de fierté pour l’ensemble du territoire. L’occasion sera célébrée en famille, ajoute-t-il, décrivant ce moment comme véritablement exceptionnel.

La gratitude à l’égard du chanteur dépasse d’ailleurs le cadre de cette performance. Son implication économique récente, avec une série de concerts organisés l’été dernier à San Juan, a généré des retombées financières substantielles pour l’île. Un rapport d’un cabinet spécialisé évalue ces bénéfices à plusieurs centaines de millions de dollars. Selon Jay Vizcarrondo, un résident, Bad Bunny a su attirer des visiteurs du monde entier et leur faire découvrir la richesse de la culture locale, notamment sa gastronomie traditionnelle. Son action, estime-t-il, a contribué à faire connaître Porto Rico sur la scène internationale, bien au-delà de sa seule production musicale.

Cette apparition revêt également une dimension politique, dans un contexte où les positions de l’artiste sur certaines questions sociales ont suscité des débats. Des observateurs relèvent que le choix du chanteur, connu pour ses prises de parole publiques, a été commenté jusqu’au plus haut niveau de l’État américain. Pour Samy Nemir Olivares, militant à Santurce, voir une star portoricaine représenter la culture de l’île lors d’un événement aussi médiatisé est une forme de valorisation. Il évoque la situation particulière de Porto Rico, territoire associé aux États-Unis dont les résidents ne participent pas aux élections nationales, et y voit une opportunité de mettre en lumière certaines réalités.

Dans le quartier animé de Santurce, près d’une fresque à l’effigie du chanteur, l’attente est mêlée d’une certaine appréhension. Une jeune serveuse, Ángelis Segarra, exprime l’espoir que le spectacle se déroule sans incident, consciente des polémiques qui ont pu entourer cette programmation. Elle considère que l’usage de l’espagnol ne devrait en aucun cas poser problème. Un avis partagé par d’autres, qui voient dans cette sélection la reconnaissance du poids démographique et culturel de la communauté latino aux États-Unis. Le pays, rappellent-ils, s’est construit avec l’apport des immigrants, et cette performance en est une illustration symbolique.

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