Faits Divers
Vingt ans de réclusion requis contre le dernier présumé du gang de Roubaix
Le parquet a demandé la reconduction de la peine prononcée en 2001 contre Seddik Benbahlouli, interpellé en 2023 après près de trois décennies de cavale.
L’audience s’est tenue ce vendredi aux assises du Nord, où l’avocat général a requis vingt années de réclusion criminelle à l’encontre de Seddik Benbahlouli. Ce dernier, âgé de 55 ans, est considéré comme le dernier membre encore jugé du groupe criminel connu sous le nom de « gang de Roubaix ». Les faits qui lui sont reprochés remontent à janvier 1996, et incluent notamment une tentative de meurtre sur des fonctionnaires de police.
Le ministère public a sollicité l’application de la même sanction que celle prononcée en 2001, à laquelle l’intéressé n’avait pas souscrit, ce qui a conduit à la tenue du présent procès. L’accusé, arrêté l’an dernier aux États-Unis après vingt-sept années de fuite, est poursuivi pour tentative de meurtre sur deux policiers, recel de véhicule volé et détention illégale d’armes. En revanche, les charges d’association de malfaiteurs ont été écartées, cette infraction ayant déjà donné lieu à une condamnation antérieure.
L’attitude de Seddik Benbahlouli durant les débats a été marquée par une absence quasi constante à l’audience. Selon son avocate, Me Soizic Salomon, cette procédure n’aurait « aucun sens » à ses yeux. Ce mutisme n’a pas permis d’éclaircir les circonstances de son implication présumée dans les agissements du gang, dont les motivations demeurent obscures.
Les éléments matériels invoqués par l’accusation reposent notamment sur la découverte de traces d’ADN, formellement attribuées à l’intéressé, sur les lieux des faits. Par ailleurs, plusieurs anciens membres du groupe, déjà condamnés à des peines allant de quinze à vingt-cinq ans de réclusion, ont été entendus comme témoins. Leurs déclarations, souvent évasives ou destinées à minimiser le rôle de Benbahlouli, ont suscité l’irritation des avocats des parties civiles.
Le « gang de Roubaix » avait semé l’effroi dans le nord de la France au cours des premiers mois de l’année 1996, multipliant les braquages et les attaques à l’arme lourde. L’un de ses faits les plus marquants reste une tentative d’attentat au véhicule piégé devant le commissariat central de Lille, peu avant un sommet international. L’épopée criminelle du groupe s’est achevée le 29 mars 1996 lors d’un assaut des forces de l’ordre à Roubaix, au cours duquel quatre de ses membres ont trouvé la mort.
Le verdict est attendu lundi.
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