Monde
Washington tourne le dos à la gouvernance climatique mondiale
Le retrait américain de la Convention-cadre de l’ONU sur le climat, ordonné par décret, suscite une vive réprobation internationale et soulève des interrogations sur sa légalité.
La décision de l’administration américaine de se désengager de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été qualifiée de revers majeur pour la coopération internationale. Ce traité, fondé en 1992, constitue la pierre angulaire de tous les accords climatiques mondiaux, dont celui de Paris. Le retrait, formalisé par un décret présidentiel, s’inscrit dans une série de mesures visant à quitter soixante-six organisations internationales, dont près de la moitié sont affiliées à l’ONU.
La réaction des responsables climatiques a été sans équivoque. Le secrétariat exécutif de la CCNUCC a évoqué une décision préjudiciable aux intérêts mêmes des États-Unis, tout en maintenant que les portes du dialogue restaient ouvertes. Cette démarche isole davantage la première économie mondiale, deuxième émetteur historique de gaz à effet de serre, des mécanismes multilatéraux de lutte contre le réchauffement. Les observateurs y voient une fracture significative dans le consensus international patiemment construit depuis des décennies.
Cette initiative soulève également des questions juridiques. Des experts du droit constitutionnel américain estiment que le pouvoir exécutif outrepasse ses prérogatives en se retirant unilatéralement d’un traité ratifié par le Sénat. Le décret concerne par ailleurs le retrait du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables et du Fonds vert pour le climat, un instrument financier crucial pour l’aide aux pays vulnérables.
La logique de ce désengagement multilatéral dépasse le seul domaine climatique. Elle s’applique également à des agences onusiennes dédiées au développement, à la santé ou à l’égalité des genres, accusées par certains responsables américains de promouvoir une « idéologie progressiste ». Cette politique s’inscrit dans une vision affirmée de priorité nationale, qui s’est déjà traduite par des réductions substantielles de contributions à plusieurs programmes humanitaires des Nations unies.
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