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Washington tourne le dos à la gouvernance climatique mondiale

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Le président américain a signé un décret retirant son pays de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et du Giec, marquant une rupture stratégique majeure dans l’engagement international des États-Unis.

L’administration américaine a engagé un retrait historique de plusieurs instances multilatérales. Un décret présidentiel, rendu public mercredi, acte le départ des États-Unis de soixante-six organisations internationales. Près de la moitié d’entre elles sont affiliées au système des Nations unies. Cette décision, présentée comme une défense des intérêts nationaux, inclut le retrait de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ce traité, adopté en 1992, constitue le fondement juridique de la coopération mondiale sur le climat, dont l’accord de Paris de 2015 est l’aboutissement le plus connu.

Cette mesure représente une escalade significative par rapport aux précédentes positions américaines. Lors d’un premier mandat, l’exécutif avait déjà initié une sortie de l’accord de Paris, tout en maintenant son adhésion à la convention-cadre. Le retrait actuel prive désormais Washington de son siège dans l’enceinte où se négocient les règles climatiques internationales. Les observateurs y voient un coup porté à l’architecture de la diplomatie environnementale. L’initiative fragilise selon eux le cadre de collaboration patiemment élaboré depuis des décennies.

Le décret étend cette logique de désengagement au domaine scientifique. Les États-Unis se retirent également du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), l’organe de référence pour l’évaluation des connaissances scientifiques relatives au dérèglement climatique. D’autres entités dédiées à la protection de l’environnement et aux énergies renouvelables sont également concernées par cette vague de retraits.

La portée juridique de cette décision fait débat parmi les spécialistes du droit constitutionnel. Certains juristes estiment que le pouvoir exécutif outrepasse ses prérogatives en quittant unilatéralement un traité ratifié par le Sénat. Ils évoquent la possibilité de recours devant les tribunaux pour contester la légalité de cette procédure. La Constitution américaine détaille en effet les conditions d’adhésion à un traité, mais reste silencieuse sur les modalités de sortie.

La politique étrangère américaine opère ainsi un virage marqué, aligné sur une doctrine de souveraineté nationale stricte. Le secrétaire d’État a justifié ces retraits en dénonçant la promotion d’une « idéologie progressiste » au sein de ces organisations, pointant spécifiquement les politiques liées au climat et à l’égalité des genres. Cette orientation se traduit par un désengagement croissant des mécanismes de gouvernance mondiale, un phénomène initié dès le retour de l’administration actuelle au pouvoir il y a un an.

Cette séquence s’inscrit dans une série de décisions similaires prises récemment. Le pays a ainsi confirmé son retrait de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Parallèlement, une réduction substantielle des contributions financières américaines a contraint plusieurs agences onusiennes à revoir à la baisse leurs programmes opérationnels, affectant des domaines comme l’aide humanitaire et la sécurité alimentaire.

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