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Une retraite emportée par les frappes à La Guaira

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Au Venezuela, une septuagénaire succombe à ses blessures après le bombardement de son immeuble, tandis que les survivants tentent de reconstituer des vies brisées.

Wilman Gonzalez a extrait sa tante du béton éventré. L’octogénaire, Rosa Gonzalez, ancienne avocate, ne survivra pas à ses blessures. Elle est décédée dans un établissement hospitalier des suites d’un traumatisme thoracique, après que l’explosion a ravagé leur logement situé à La Guaira, zone portuaire visée par une opération militaire. Le retraité de soixante-deux ans se remémore la violence du souffle qui l’a projeté contre un mur en pleine nuit, les portes arrachées, le choc qui lui a valu une contusion à l’œil. Sa tante, atteinte au bras et à la poitrine, n’a pas supporté la douleur.

Dans une chapelle funéraire, la famille veille en silence. José Luis Gonzalez, frère de la défunte, évoque une femme simple et appréciée. Il déplore qu’un événement de cette nature frappe un peuple paisible. Le deuil se mêle à la consternation.

De retour dans l’immeuble au revêtement bleu défraîchi, désormais perforé, Wilman erre parmi les décombres de son appartement. Entre les cloisons effondrées et les vitres pulvérisées, seule une image mariale abîmée est restée en place. Des voisins récupèrent des fragments de projectile, les autorités ayant déjà prélevé les plus gros morceaux. L’homme, critique face au soutien limité des pouvoirs publics, ramasse des débris de bois avant de les laisser retomber, impuissant. Il évalue les dégâts, constatant que tout est perdu. Autour de lui, on tente de sauver quelques ustensiles de cuisine ou des documents. « J’avais vu cela à la télévision, en Palestine, en Irak. Pas ici », murmure-t-il.

La déflagration a rendu inhabitables la moitié des logements de la résidence. Dans l’appartement voisin, César Diaz rassemble les affaires de sa mère octogénaire, hospitalisée. La perspective de son retour l’inquiète. « Cela va lui créer un traumatisme », redoute-t-il, évoquant avec émotion le fauteuil maintenant vide.

Le sapeur-pompier Jesus Linares a porté secours à une voisine âgée, utilisant un drap pour comprimer une plaie à la tête avant son transfert vers l’hôpital. Il montre une sandale isolée, vestige du chaos. L’homme de quarante-huit ans a également évacué sa propre mère et sa fille adolescente. Trente années de métier l’ont préparé à sauver des vies, mais cette fois, l’urgence était personnelle. Il a dû garder son calme, se concentrer sur leur survie, comme en situation de séisme. L’épisode a marqué une frontière dans son expérience, entre le devoir professionnel et l’instinct de protection familiale.

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