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Une première mondiale au Mexique : la justice entre dans l’ère du suffrage universel

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Le pays inaugure un système inédit d’élection des juges par les citoyens, présenté comme un rempart contre la corruption, malgré une participation historiquement faible et des critiques sur l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Les premiers magistrats élus au suffrage direct ont officiellement pris leurs fonctions ce lundi au Mexique, marquant une étape sans précédent dans l’histoire judiciaire mondiale. Portée par le gouvernement en place, cette réforme constitutionnelle vise à restaurer la confiance dans une institution souvent perçue comme opaque et minée par des pratiques illicites.

Des représentants de la Cour suprême, du tribunal électoral et de diverses juridictions locales ont ainsi intégré leurs nouvelles fonctions. Une cérémonie solennelle, empreinte de symboles autochtones, s’est tenue en présence des nouvelles autorités judiciaires. Bâtons de commandement, encens et discours en langues ancestrales ont rythmé l’intronisation des neuf juges siégeant désormais à la plus haute instance du pays.

Dans la soirée, Hugo Aguilar Ortiz, nouveau président de la Cour suprême et premier juriste autochtone à occuper cette fonction, a prononcé un discours d’ouverture devant la présidente Claudia Sheinbaum. Il a insisté sur l’accessibilité de l’institution, affirmant que « toutes les personnes ayant besoin de la Cour suprême trouveront désormais ses portes grandes ouvertes ».

Ce scrutin historique, organisé en juin, n’a pourtant mobilisé que 13 % des électeurs, un taux qui alimente les doutes quant à la légitimité populaire de la mesure. Les détracteurs du gouvernement accusent la majorité de gauche, au pouvoir depuis 2018, de chercher à instrumentaliser le système judiciaire à des fins politiques.

Pilotée par l’ancien président Andres Manuel Lopez Obrador, cette réforme avait également suscité des réserves de la part des États-Unis, l’ambassadeur américain à Mexico ayant évoqué un « risque pour la démocratie ». Dans un contexte où près de 30 000 homicides sont commis chaque année dans une quasi-impunité, la lutte contre la corruption judiciaire reste un défi majeur.

D’ici 2027, de nouvelles élections judiciaires sont prévues pour pourvoir d’autres postes, tant au niveau fédéral que local.

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