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Une mère jugée pour le décès de ses jumelles de trois mois en Gironde

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Le parquet a requis dix-huit ans de réclusion criminelle contre cette femme de 37 ans, qui invoque une dépression post-partum ayant conduit à un « effondrement ».

Les jurés de la cour d’assises de Gironde ont entendu les réquisitions du ministère public, vendredi, dans le cadre du procès d’une femme accusée d’avoir provoqué la mort de ses deux filles, âgées de trois mois. L’avocat général a demandé une peine de dix-huit ans d’emprisonnement, assortie d’une mesure de suivi socio-judiciaire de sept ans avec obligation de soins. Il a estimé que l’accusée, bien que souffrant de troubles psychiques, avait agi avec une forme de détermination.

Les faits remontent au 19 décembre 2022. La mère a reconnu avoir placé les doudous sur le visage de ses jumelles, puis exercé une pression manuelle durant environ une minute, affirmant avoir voulu les apaiser. Le représentant du parquet a qualifié ce geste de « volontaire et maîtrisé », éloigné selon lui d’une simple tentative de calmer des nourrissons. Il a également évoqué la possibilité que les doudous aient servi à éviter le regard des enfants.

Sur le plan psychiatrique, l’accusée présentait une altération partielle de son discernement, ont souligné les experts, sans pour autant retenir son abolition complète. Souffrant d’une dépression post-partum sévère, elle avait préalablement séjourné deux mois dans un service spécialisé et suivait un traitement au moment des événements. Elle a décrit cette période comme un « enfer », évoquant des idées suicidaires et un sentiment d’incapacité.

La défense a contesté la sévérité des réquisitions, plaidant l’abolition du discernement en raison de l’état mental de leur cliente. L’une de ses avocates a insisté sur son « isolement psychologique et familial » et son incapacité à raisonner normalement ce jour-là. L’avocat du père des enfants a pour sa part reconnu la réalité de la pathologie, tout en pointant un « échec thérapeutique » global.

Avant le délibéré, l’accusée a exprimé sa détresse, affirmant que sa vie s’était « arrêtée » depuis la disparition de ses filles. Le jury se retire pour rendre sa décision dans un contexte où la question du traitement des dépressions post-partum et de leur impact sur la responsabilité pénale reste au cœur des débats.

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