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Une lycéenne met fin à ses jours, le parquet enquête sur un harcèlement présumé

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La mort d’une adolescente de 17 ans en Seine-et-Marne a provoqué une vive émotion et relancé le débat sur la lutte contre le harcèlement en milieu scolaire.

Une jeune fille de dix-sept ans, scolarisée au lycée Balzac de Mitry-Mory, a trouvé la mort mardi dans la gare de sa commune. Selon les informations du parquet de Meaux, il s’agit d’un suicide. Le procureur de la République a immédiatement ordonné l’ouverture de deux enquêtes préliminaires. La première vise à établir les circonstances exactes du décès. La seconde, beaucoup plus rare, est instruite pour « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider », une infraction passible de dix ans d’emprisonnement.

La famille de l’adolescente a indiqué aux enquêteurs qu’elle subissait des pressions et des insultes, parfois à caractère sexuel, depuis plusieurs mois. Malgré une alerte donnée à l’établissement et la convocation d’élèves soupçonnés avant les vacances de fin d’année, la situation se serait aggravée à la rentrée de janvier. Le jour même de son geste, la lycéenne avait été convoquée par la direction. Selon le communiqué du parquet, cet entretien aurait consisté, en partie, à lui rappeler « sa propre part de responsabilité » dans les faits qui lui étaient reprochés.

Jeudi matin, plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux élèves, parents et anciens élèves, se sont rassemblées devant le lycée pour rendre hommage à la jeune fille et dénoncer le harcèlement. Les participants ont scandé des slogans appelant à y mettre fin, tandis que plusieurs témoignages de victimes étaient partagés. Ce rassemblement, perçu comme un appel à la mobilisation générale contre ce fléau, s’est déroulé dans le calme, sous la surveillance des forces de l’ordre.

L’émotion et la colère se sont toutefois traduites par des tensions envers l’équipe de direction de l’établissement. Celle-ci fait l’objet de vives critiques sur les réseaux sociaux et a reçu des menaces, selon le parquet. Une enquête pour menaces envers une personne exerçant une fonction publique a d’ailleurs été ouverte. L’académie de Créteil a pour sa part indiqué qu’aucune enquête administrative n’était envisagée à ce stade, estimant qu’il n’y avait pas d’élément suggérant un dysfonctionnement dans le traitement de l’alerte. Une cellule psychologique a été mise en place pour la communauté scolaire.

Ce drame intervient dans un contexte où la lutte contre le harcèlement scolaire reste une priorité des pouvoirs publics, après plusieurs cas ayant conduit au suicide d’adolescents ces dernières années. Les enquêtes en cours devront déterminer précisément la chaîne des responsabilités et les éventuels manquements dans le suivi de cette situation.

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