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Une bataille politique pour la gouvernance de Plaine Commune


La présidence de l’établissement public territorial, une institution clé du nord-est parisien, fait l’objet d’une compétition serrée entre le nouveau maire de Saint-Denis et l’édile de Saint-Ouen, cristallisant les tensions au sein de la gauche départementale.
Le scrutin pour désigner le futur président de Plaine Commune s’annonce disputé. Bally Bagayoko, récemment élu à la tête de Saint-Denis, était jusqu’à présent le seul candidat déclaré à cette fonction stratégique. La donne a changé avec l’entrée en lice, à la dernière minute, de Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen. Ce dernier justifie sa candidature par la crainte de voir cette intercommunalité, qui emploie plus de 2200 agents pour près de 460 000 habitants, instrumentalisée au profit d’une campagne présidentielle.
L’enjeu dépasse la simple présidence d’une collectivité. Il s’agit de piloter un outil majeur d’aménagement et de développement pour sept villes de Seine-Saint-Denis, dont la majorité sont dirigées par des maires de gauche, et une par un édile de droite. Le maire de Saint-Denis a répondu aux critiques en soulignant l’incohérence d’une remise en cause de sa légitimité, alors qu’elle n’avait pas été soulevée pour son prédécesseur. Il promet une gouvernance collective et respectueuse de chaque commune membre.
Les soutiens commencent à se dessiner en faveur de Bally Bagayoko. Plusieurs maires, dont ceux d’Aubervilliers, de La Courneuve, de L’Île-Saint-Denis et de Stains, ont d’ores et déjà affiché leur appui. Ils mettent en avant la nécessité d’une présidence de rassemblement, capable de fédérer au-delà des clivages partisans. De son côté, Karim Bouamrane évoque la recherche d’un compromis et n’exclut pas, en cas de défaite, de revoir la participation financière de sa ville, principale contributrice nette de l’intercommunalité.
Des inquiétudes concernant l’image et l’attractivité du territoire ont également été exprimées en coulisses, certains élus redoutant qu’une présidence incarnée par La France insoumise n’inquiète les investisseurs. Le maire de Saint-Denis a balayé ces craintes, assurant que l’institution ne deviendrait en aucun cas une base arrière politique et réaffirmant sa volonté de travailler avec tous ses collègues, quelle que soit leur étiquette.
Cette rivalité ouverte illustre les fractures au sein de la gauche locale et pose la question de sa capacité à gouverner de manière unie une structure aussi importante. L’issue du vote, prévu en fin de journée, déterminera non seulement la direction de Plaine Commune, mais pourrait aussi reconfigurer les équilibres politiques dans ce département stratégique de la région capitale.





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