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Une amnistie vénézuélienne aux contours contestés

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Promulguée sous la pression internationale, la loi de clémence suscite autant d’espoirs que de scepticisme. Si le pouvoir la présente comme un pilier de la réconciliation nationale, les familles de détenus et les observateurs dénoncent ses nombreuses exclusions.

Le gouvernement de Caracas a officiellement mis en œuvre une mesure de grâce destinée à libérer plusieurs centaines de personnes incarcérées pour des motifs politiques. Les autorités en poste présentent ce texte comme une étape fondamentale vers l’apaisement et la justice. La cheffe de l’exécutif a déclaré que cette démarche s’inscrivait dans la construction d’une nation plus démocratique, appelant à l’unité de tous les citoyens. Le ministre de la Défense a, pour sa part, salué un geste de maturité politique censé consolider la stabilité du pays.

Cette initiative législative, adoptée dans un contexte de fortes attentes, intervient après des engagements pris vis-à-vis de la communauté internationale. Elle ne couvre cependant pas l’ensemble de la période récente, se limitant à des séquences précises définies par la loi. De l’avis de plusieurs organisations de défense des droits humains, ce cadre laisse de côté un nombre significatif de détenus. Des cas impliquant des membres des forces armées ou de la police, poursuivis pour des faits qualifiés d’atteinte à la sécurité de l’État, risquent notamment de ne pas être concernés.

Devant les portes des centres de détention, l’impatience est palpable parmi les proches des prisonniers. Une femme, dont le frère est incarcéré depuis plusieurs années, confie son désarroi, estimant que la nouvelle disposition ne le concerne pas. Elle appelle à d’autres mesures, telles qu’une grâce présidentielle. D’autres manifestants, qui avaient entamé une grève de la faim pour réclamer la libération de leurs parents, ont suspendu leur mouvement tout en exigeant désormais des actes concrets. Ils soulignent que les annonces doivent se traduire par des remises en liberté effectives.

Les procédures pour bénéficier de cette amnistie sont par ailleurs pointées du doigt. Un responsable d’une organisation non gouvernementale spécialisée a fait valoir que le processus n’était pas automatique et dépendait d’une instruction judiciaire parfois longue et complexe. Une autre association met en lumière les lacunes structurelles du système, qui pourraient entraver l’application large et équitable de la loi.

Dans l’opposition, les réactions sont contrastées. Un responsable politique récemment libéré, après une brève réincarcération, a célébré son retour à la liberté pleine et entière devant ses partisans. Il a exhorté à poursuivre le combat pour une démocratie inclusive. Depuis l’étranger, une figure de l’opposition en exil a rappelé que toute réconciliation nationale durable devait s’accompagner d’un travail de mémoire et de responsabilité.

Cette loi s’inscrit dans une série de réformes engagées par l’administration actuelle, qui incluent également une ouverture du secteur pétrolier aux investisseurs privés et un réchauffement des relations diplomatiques avec plusieurs capitales occidentales. Certains pays européens ont d’ores et déjà salué l’adoption du texte, y voyant un progrès susceptible de conduire à un allègement des sanctions internationales.

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