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Un scrutin sous contrôle consolide l’emprise du pouvoir en Birmanie

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Le parti affilié à la junte revendique une large victoire dès le premier tour d’élections législatives organisées dans un contexte de défiance internationale et de conflit armé.

Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (USDP), formation proche des autorités militaires, affirme avoir remporté une majorité écrasante des sièges mis en jeu lors de la première phase du scrutin législatif. Selon un de ses cadres, l’USDP se serait assuré quatre-vingt-deux des cent deux sièges de la chambre basse dont le dépouillement est achevé, dont l’ensemble des circonscriptions de la capitale administrative Naypyidaw. Les résultats officiels n’ont pas encore été rendus publics par la commission électorale.

Ce premier tour de vote, tenu dimanche, ne concernait qu’une partie du territoire national. Deux autres phases sont programmées pour les semaines à venir. Les autorissues, au pouvoir depuis le putsch de février 2021, présentent ce processus électoral comme une étape vers un retour à un ordre constitutionnel. Cette affirmation est largement rejetée par une partie de la communauté internationale et de nombreux observateurs, qui y voient une manœuvre visant à légitimer le régime actuel.

Les analystes considèrent généralement l’USDP comme une émanation civile de l’institution militaire, plusieurs de ses dirigeants étant d’anciens officiers. Le contexte du scrutin est marqué par l’exclusion de plusieurs formations politiques, dont la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi, dissoute après le coup d’État. L’ancienne dirigeante, lauréate du prix Nobel de la paix, est toujours incarcérée.

Le pays est en proie à un conflit armé complexe, opposant l’armée à une mosaïque de groupes de résistance et de milices ethniques. En raison des combats, les élections ne pourront pas se tenir dans près d’un cinquième des circonscriptions. Malgré les déclarations du chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, assurant que le vote s’est déroulé de manière libre et équitable, le scepticisme prévaut au sein d’une partie de la population. À Rangoun, des habitants expriment ouvertement leur défiance envers un processus qu’ils estiment dépourvu de crédibilité et manipulé en amont.

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