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Un projet d’hydrogène vert menaçant le ciel de l’Atacama est définitivement abandonné

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La décision des autorités chiliennes met fin à un conflit majeur entre ambitions industrielles et préservation d’un site astronomique d’exception, après des mois de vives tensions.

L’initiative industrielle portée par la compagnie AES Andes, qui envisageait d’établir une vaste unité de production d’hydrogène vert et d’ammoniac sur un territoire de trois mille hectares, ne verra finalement pas le jour. Les services d’évaluation environnementale ont acté son retrait définitif, confirmant ainsi une annonce préliminaire faite fin janvier par l’entreprise elle-même. Ce projet, estimé à dix milliards de dollars, était localisé à proximité immédiate de l’observatoire de Paranal, une installation scientifique de premier plan gérée par l’Observatoire européen austral.

La communauté astronomique internationale s’était vivement opposée à ce plan, arguant qu’il compromettrait irrémédiablement la qualité exceptionnelle du ciel nocturne. Les émissions lumineuses générées par un tel complexe industriel auraient en effet perturbé les observations des instruments les plus sensibles au monde. L’ESO avait publiquement dénoncé une menace directe pour ses activités, mettant en avant le caractère unique des conditions atmosphériques du désert d’Atacama, réputées pour leur stabilité et leur transparence.

L’observatoire de Paranal, situé à plus de 2600 mètres d’altitude et éloigné de toute source de pollution lumineuse urbaine, abrite le Très Grand Télescope. Cet instrument a permis des découvertes majeures, dont la première image directe d’une exoplanète. Plus encore, le projet industriel aurait également nui aux futures opérations du Télescope extrêmement grand, dont la construction doit s’achever avant la fin de la décennie et qui représente un investissement scientifique colossal.

De son côté, la société AES Andes a justifié sa décision de renoncer par une volonté de recentrer ses efforts sur le développement d’autres infrastructures d’énergies renouvelables et de solutions de stockage. L’abandon formel de l’étude d’impact environnemental marque ainsi l’épilogue d’un différend ayant opposé pendant plusieurs mois les impératifs du développement économique fondé sur la transition énergétique à ceux de la recherche fondamentale et de la protection d’un patrimoine scientifique mondial.

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