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Société

Un large front politique réclame l’instauration de la proportionnelle pour les législatives

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_**Une soixantaine de personnalités issues de divers horizons appellent à une réforme du scrutin avant la fin du quinquennat, estimant que le système actuel affaiblit la démocratie et paralyse l’action publique.**_

Un collectif rassemblant d’anciens chefs de l’État et de gouvernement, des ministres, ainsi que des responsables de partis de l’opposition, plaide pour une transformation profonde des règles électorales. Dans une tribune publiée ce dimanche, ces figures politiques jugent urgent d’abandonner le scrutin uninominal majoritaire à deux tours au profit d’une dose de proportionnelle pour les élections législatives. Selon eux, cette modification, qui ne nécessiterait pas de révision constitutionnelle, serait bénéfique pour la vitalité démocratique du pays.

Le texte souligne que le mode de scrutin actuel, conçu pour dégager des majorités nettes à l’Assemblée nationale, ne correspond plus à la réalité d’un paysage politique fortement fragmenté. L’absence de majorité claire depuis plusieurs années complique, selon les signataires, la conduite des affaires publiques et la recherche de compromis. Ils estiment que cette situation contribue à un blocage institutionnel, alors que la France doit faire face à des enjeux sociaux, économiques et environnementaux pressants.

L’argumentaire met également en garde contre les risques d’un déséquilibre des pouvoirs. Dans un régime où l’exécutif dispose de prérogatives étendues, l’effet « winner takes all » du scrutin majoritaire pourrait, à terme, menacer l’équilibre démocratique. Introduire une part de proportionnelle permettrait, selon les promoteurs de cette réforme, de mieux refléter la diversité des opinions et de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions parlementaires. Cette évolution favoriserait aussi, selon eux, une meilleure représentation de la parité.

Cette initiative rencontre toutefois des résistances au sein de la majorité présidentielle. La porte-parole du gouvernement a récemment exprimé son scepticisme, qualifiant ce débat d’inopportun à un an de la prochaine élection présidentielle. Elle a réaffirmé sa confiance dans le cadre institutionnel de la Ve République, estimant que les difficultés récentes relevaient davantage de l’action des responsables politiques que des règles en vigueur. Le calendrier et la faisabilité de cette réforme promise par le président de la République restent donc incertains, alors que l’appel cherche à inscrire le sujet au cœur de l’agenda politique.

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