Monde
Un général prend les rênes d’une transition d’un an en Guinée-Bissau


La Guinée-Bissau entre dans une phase de transition militaire dirigée par le général Horta N’Tam, tandis que les nouvelles autorités interdisent les rassemblements publics tout en levant les restrictions de circulation.
Le chef de l’armée de terre, le général Horta N’Tam, a été investi jeudi à la tête d’un Haut commandement militaire chargé de superviser une période de transition d’une durée annoncée de douze mois. Cette prise de fonction intervient après le renversement du président Umaro Sissoco Embalo, actuellement en détention. Les nouvelles autorités ont immédiatement proclamé l’interdiction de toute manifestation ou mouvement social susceptible d’affecter l’ordre public.
La capitale bissau-guinéenne présentait jeudi après-midi un visage paralysé, avec la majorité des commerces et marchés fermés. Les forces de sécurité déployées en nombre patrouillaient dans des artères habituellement animées, désormais désertées par la population. Des militaires en armes contrôlaient strictement les abords du palais présidentiel, théâtre la veille d’échanges de tirs ayant semé l’inquiétude parmi les civils.
Dans sa première déclaration, le général N’Tam a évoqué une « période très difficile » dans l’histoire du pays, appelant à une mobilisation collective pour mettre en œuvre des « mesures urgentes et importantes ». Le Haut commandement militaire a justifié son intervention par la nécessité de contrer un prétendu plan de déstabilisation impliquant, selon ses dires, des figures nationales liées au trafic de stupéfiants.
Les nouvelles autorités ont néanmoins assoupli certaines restrictions en vigueur depuis le putsch, levant le couvre-feu instauré mercredi et annonçant la réouverture des frontières ainsi que des établissements scolaires et marchés. Un communiqué officiel a par ailleurs assuré que le président déchu et l’ancien chef de l’armée jouissaient d’un « état de santé satisfaisant ».
Ce bouleversement politique survient dans un contexte électoral tendu, alors que devaient être proclamés les résultats du scrutin présidentiel et législatif du dimanche précédent. Le camp du président Embalo et l’opposition menée par Fernando Dias revendiquaient chacun la victoire. Certains observateurs régionaux expriment des réserves quant aux motivations réelles des putschistes, suggérant que l’interruption du processus électoral pourrait avantager l’ancien pouvoir.
La communauté internationale, par la voix de l’Union africaine, a condamné avec fermeté ce renversement institutionnel et exigé la libération immédiate du président Embalo. La Guinée-Bissau, nation ouest-africaine indépendante depuis 1974, connaît son quatrième changement de pouvoir par la force, perpétuant une instabilité chronique dans ce pays considéré comme un carrefour du narcotrafic international.





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