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Un convoi d’uranium nigérien immobilisé dans l’impasse diplomatique et sécuritaire

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_**Une cargaison stratégique de concentré d’uranium, estimée à un millier de tonnes, est retenue depuis plusieurs semaines sur le tarmac de l’aéroport de Niamey, illustrant les défis logistiques et les tensions régionales auxquels fait face la junte au pouvoir.**_

Le précieux minerai, extrait du site d’Arlit dans le nord du pays, avait quitté sa zone de production à la fin du mois de novembre dernier. Son transfert vers la capitale aérienne nigérienne avait été observé début décembre par l’arrivée d’une trentaine de camions. Si la nature exacte du fret n’a pas été officiellement confirmée par les autorités, plusieurs observateurs spécialisés sur la région s’accordent à y voir le stock d’uranium que le Niger cherche à commercialiser depuis la nationalisation, l’été dernier, des actifs de l’entreprise française Orano.

La situation actuelle témoigne des difficultés pratiques rencontrées par Niamey pour exporter cette ressource. Pays enclavé, le Niger dépend du bon vouloir de ses voisins pour accéder à un port maritime. Or, ses relations sont particulièrement dégradées avec le Bénin, dont la frontière reste fermée, et tendues avec le Nigeria. La voie terrestre la plus directe, via le port béninois de Sèmè-Kpodji, apparaît donc impraticable.

Une alternative consisterait à diriger le convoi vers l’ouest, à travers le Burkina Faso. Cette option se heurte cependant à un environnement sécuritaire extrêmement dégradé, la région frontalière du Tillabéri étant le théâtre d’une intense violence jihadiste. Les risques encourus semblent avoir conduit les autorités nigériennes à suspendre tout mouvement pour le moment.

La possibilité d’un transport aérien a également été évoquée, la présence d’avions-cargos russes de type Iliouchine Il-76 ayant été relevée sur la base aérienne de Niamey en janvier. Aucune information n’a toutefois permis d’établir un lien formel entre ces appareils et la cargaison. L’identité d’un éventuel acheteur, notamment la Russie qui a signé un mémorandum de coopération nucléaire civile avec Niamey, reste inconnue.

Cette immobilisation intervient dans un contexte juridique complexe. Une plainte pour vol en bande organisée a été déposée en France par Orano, qui estime être toujours propriétaire du minerai. Cette procédure pourrait contraindre tout État tiers à saisir la marchandise si elle pénétrait sur son territoire, dissuadant potentiellement certains pays de faciliter son transit. Les capitales concernées observent pour l’instant un silence prudent sur ce dossier aux multiples ramifications stratégiques.

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