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Un cauchemar immobilier dans le Calvados

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Près de Caen, soixante-huit acquéreurs, piégés par des retards interminables sur un programme neuf, vivent une situation intenable, entre hébergement précaire et incertitude financière.

À Fleury-sur-Orne, dans la banlieue de Caen, des familles sont prises au piège d’un chantier qui n’en finit pas. Elles ont pourtant signé il y a plusieurs années pour l’acquisition d’un appartement dans le cadre d’une vente en l’état futur d’achèvement, avec une livraison initialement prévue pour la fin de l’année 2023. Aujourd’hui, le calendrier évoque désormais l’année 2026, laissant ces ménages dans un profond désarroi. Pour certains, l’attente se compte déjà en années, avec des conséquences très concrètes sur leur vie quotidienne et leur équilibre budgétaire.

Les témoignages recueillis décrivent une réalité difficile. Une acquéreuse évoque le poids d’un loyer à régler en parallèle d’un crédit immobilier qu’il a fallu renégocier, une situation source d’une grande anxiété. Un autre raconte avoir vendu son ancien logement il y a trois ans et vivre depuis chez des proches, ses affaires toujours emballées. Il déplore aussi des défauts déjà visibles sur son futur appartement, comme un poteau mal placé qui complique l’aménagement, ajoutant une couche de frustration à l’attente.

La municipalité, qui a cédé le terrain au promoteur European Homes, reconnaît l’ampleur du problème. Le maire estime que les familles ont placé leur confiance dans une société qui n’a pas été à la hauteur de ses engagements. Des retards semblent avoir été pris dès l’origine, une habitante expliquant avoir découvert que la signature définitive avait été reportée parce que le promoteur n’avait pas encore finalisé l’acquisition du terrain. Elle affirme avoir été mise devant le fait accompli, contrainte d’accepter un premier report sous peine d’abandonner son projet.

Face à ces critiques, le constructeur invoque une conjonction de difficultés exceptionnelles affectant selon lui toute la filière. Il cite notamment les défaillances successives de plusieurs entreprises sous-traitantes, des retards dans les raccordements aux réseaux et des conditions météorologiques défavorables. Un argumentaire qui ne convainc pas les acquéreurs organisés en association. Sa présidente souligne qu’un tel enchaînement de défaillances, touchant le gros œuvre, la plomberie ou les façades, paraît invraisemblable. Elle juge peu crédible une livraison imminente, pointant l’absence des raccordements essentiels et des diagnostics à réaliser.

Ce dossier n’est pas isolé. Le même promoteur rencontrerait des difficultés comparables sur des chantiers dans des communes voisines. L’entreprise assure quant à elle regretter sincèrement les désagréments subis par ses clients et affirme que sa priorité reste de livrer des logements conformes aux normes en vigueur. En attendant, les soixante-huit ménages de Fleury-sur-Orne continuent de patienter, dans l’espoir de pouvoir enfin prendre possession du logement pour lequel ils se sont endettés.

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