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Trois vies emportées dans la tourmente des tensions sociales en Iran

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Les difficultés économiques, qui poussent la population dans la rue, ont conduit à des heurts meurtriers avec les forces de l’ordre. Le pouvoir tente un fragile équilibre entre reconnaissance des griefs et mise en garde contre toute dérive.

Des affrontements survenus entre manifestants et forces de sécurité ont provoqué la mort de trois personnes sur le territoire iranien. Ces incidents, les premiers à être fatals depuis le début de la mobilisation actuelle, marquent une escalade dans un mouvement de protestation né des profondes difficultés économiques que traverse le pays. L’agitation, initiée par des commerçants de la capitale fermant leurs boutiques en signe de mécontentement, s’est depuis étendue à d’autres villes et au milieu universitaire.

Les violences se sont produites dans des agglomérations de taille moyenne. Dans la localité de Lordegan, située dans le sud-ouest du pays, deux civils ont trouvé la mort. Les autorités locales ont fait état de jets de pierres visant des bâtiments publics et ont indiqué que la police avait eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser les rassemblements. Des arrestations ont été opérées et des dégâts matériels importants ont été constatés. Par ailleurs, un membre des forces de l’ordre, un jeune homme de 21 ans appartenant à la milice Bassidj, a été tué lors de heurts distincts dans l’ouest du pays.

Face à cette situation, les autorités adoptent un double discours. Le président de la République a publiquement reconnu l’urgence de répondre aux préoccupations de la population concernant leur niveau de vie, employant un langage religieux pour souligner la gravité de la situation. Dans le même temps, le système judiciaire a averti que toute tentative de détourner ces manifestations à des fins de déstabilisation serait traitée avec la plus grande sévérité. Plusieurs interpellations ont déjà eu lieu, visant des individus accusés par les médias officiels d’être liés à des groupes étrangers hostiles et de chercher à radicaliser le mouvement.

Le contexte de ces manifestations est une crise économique persistante. La monnaie nationale a subi une dépréciation significative et le pays fait face à un taux d’inflation annuel très élevé, érodant le pouvoir d’achat des Iraniens. Cette pression financière, couplée à l’impact des sanctions internationales, alimente un mécontentement social qui trouve périodiquement à s’exprimer dans la rue. Les observateurs notent que l’ampleur et la nature des protestations actuelles diffèrent cependant des vastes mouvements de contestation qui ont agité le pays par le passé.

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