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Sushila Karki, ex-magistrate suprême, prend les rênes du Népal dans la tourmente

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L’ancienne présidente de la Cour suprême assure l’intérim à la tête du gouvernement après des violences sans précédent. Elle devra organiser des élections dans un délai de six mois pour apaiser une crise politique majeure.

L’ancienne présidente de la Cour suprême du Népal, Sushila Karki, a été investie vendredi en tant que cheffe du gouvernement de transition. Âgée de 73 ans, elle devient la première femme à occuper ce poste dans l’histoire du pays. Sa mission principale consistera à organiser des élections législatives dans un délai de six mois, conformément aux demandes des manifestants qui réclament un renouvellement démocratique.

Cette nomination fait suite à plusieurs jours de négociations menées sous l’égide de l’état-major de l’armée, le général Ashok Raj Sigdel ayant joué un rôle central dans les discussions. La magistrate, reconnue pour son intégrité et son indépendance, a prêté serment devant le président de la République Ramchandra Paudel en fin de journée.

La situation avait dégénéré plus tôt dans la semaine après que les forces de l’ordre eurent ouvert le feu sur des rassemblements protestant contre la censure des réseaux sociaux et la corruption des élites au pouvoir. Les affrontements ont causé la mort d’une vingtaine de personnes et fait plusieurs centaines de blessés, déclenchant une colère populaire inédite.

Des groupes de jeunes ont ensuite investi les rues de Katmandou, s’en prenant aux symboles du pouvoir. Le Parlement et la résidence officielle du Premier ministre ont été incendiés, poussant l’ancien chef du gouvernement KP Sharma Oli à la démission. Âgé de 73 ans, ce vétéran de la politique népalaise dirigeait une coalition depuis 2024 et incarnait aux yeux de la jeunesse une classe politique usée et corrompue.

L’armée a depuis repris le contrôle de la capitale, imposant un couvre-feu strict et déployant blindés et soldats en armes dans les artères désertées. Les habitants ont été autorisés à sortir brièvement vendredi matin pour se ravitailler, tandis que se poursuivaient les opérations de nettoyage des dégâts causés lors des émeutes.

Parallèlement, les autorités sont engagées dans une vaste traque pour retrouver près de 13 500 détenus évadés lors des troubles. Seule une minorité a pour l’heure été appréhendée, y compris hors des frontières nationales.

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