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Sète : Laura Seguin veut réorienter l’économie vers l’emploi local et la vie à l’année

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Laura Seguin veut réorienter l’économie vers l’emploi local et la vie à l’année

Logement, filières maritimes, formation, commande publique. Laura Seguin décline un projet économique qui rompt avec un modèle centré sur le tourisme et entend replacer l’emploi local et la production au cœur de la stratégie municipale.

Après avoir détaillé ses priorités en matière de logement, d’écologie et de démocratie locale, Laura Seguin poursuit la présentation du programme de la liste Nouvelles Pages pour Sète en dévoilant son volet consacré à l’économie, à l’emploi et à la formation. L’objectif affiché est de changer de cap pour faire de Sète une ville où l’on vit et où l’on travaille toute l’année.

Pour la candidate, le modèle dominant depuis deux décennies a progressivement transformé Sète en ville vitrine. Une économie largement tournée vers le tourisme, génératrice d’emplois saisonniers et précaires, et accompagnée d’une pression croissante sur le logement. Selon elle, cette orientation a fragilisé l’équilibre social et rendu plus difficile l’installation durable des jeunes actifs, des travailleurs et des familles.

Elle défend une autre trajectoire. Une ville productive et solidaire, capable d’offrir des perspectives professionnelles stables et un accès au logement compatible avec les revenus locaux.

Laura Seguin insiste sur un point important, l’emploi et le logement sont indissociables. De nombreuses entreprises rencontrent des difficultés de recrutement, non pas faute d’activité, mais faute de solutions pour loger leurs salariés. La régulation des meublés touristiques, la limitation de la spéculation sur les résidences secondaires et le développement du logement social et abordable constituent, selon elle, des conditions préalables à tout développement économique durable.

La candidate propose de privilégier les forces déjà présentes sur le territoire. Elle cite notamment l’exemple de l’Entrée Est, où des activités artisanales et productives auraient, selon elle, laissé place à des opérations immobilières. Elle souhaite mettre fin à cette logique et préserver les activités créatrices d’emplois locaux.

La pêche et la conchyliculture occupent une place centrale dans son projet. Avec environ 1 200 emplois directs, ces filières constituent un pilier économique et identitaire. Laura Seguin propose un plan de rénovation des réseaux d’assainissement, un meilleur accès au foncier pour les bassins de mise à l’abri en période de crise sanitaire et le développement d’espaces de vente directe.

Le quai du Cul-de-Bœuf serait, dans cette perspective, réaménagé pour conforter la petite pêche côtière, avec des installations adaptées aux embarcations et aux besoins logistiques des professionnels.

À l’Entrée Est, en lien avec le port et la Région, elle envisage également la création d’un pôle d’activités dédié au nautisme et à la réparation navale, incluant maintenance, recyclage d’épaves et services associés. Dans le prolongement du développement de l’éolien en mer, elle souhaite que les retombées économiques bénéficient au territoire par le biais d’activités de stockage, de maintenance et de formation.

Avec un taux de chômage de 12,3 % et une part importante de ménages en situation de précarité, Laura Seguin met l’accent sur la formation professionnelle. Elle propose de développer des formations techniques courtes, directement connectées aux besoins des filières locales, notamment dans la maintenance nautique, la soudure, l’électricité ou les métiers liés à l’économie maritime.

L’Entrée Est et le parc aquatechnique pourraient, selon elle, devenir des lieux dédiés à ces formations, en lien avec les entreprises. Elle évoque également la création d’un pôle de formation sportive en partenariat avec les clubs du bassin de Thau, ainsi que le développement du logement étudiant afin de retenir les jeunes en formation.

Autre axe structurant, l’utilisation de la commande publique comme levier économique. Laura Seguin entend privilégier des chantiers utiles et durables, rénovation thermique des bâtiments publics, modernisation des réseaux, réfection des voiries et développement des mobilités douces.

Elle propose un allotissement plus fin des marchés publics pour faciliter l’accès des TPE et PME locales, ainsi que l’intégration de clauses sociales favorisant l’insertion et l’apprentissage. Dans les quartiers populaires, elle soutient la création de régies de quartier pour générer des emplois de proximité non délocalisables.

Sur le tourisme, la candidate défend un modèle moins concentré sur la saison estivale et plus étalé sur l’année. Elle évoque le développement d’événements hors saison, le tourisme social et la réouverture d’une auberge de jeunesse.

Pour le commerce de proximité, elle propose la création d’une foncière municipale afin de lutter contre la vacance commerciale et de proposer des loyers modérés lors des premières années d’installation. L’amélioration de la logistique urbaine, la mise en place de zones bleues et une piétonnisation progressive compléteraient ce dispositif.

À travers cette présentation, Laura Seguin esquisse une stratégie qui vise à rééquilibrer le modèle économique sétois. Moins dépendant de la seule attractivité touristique, davantage structuré autour des filières locales, de la formation et de l’emploi durable.

Reste désormais à voir comment ces orientations se traduiront concrètement en termes de calendrier, de partenariats institutionnels et d’équilibre budgétaire. Mais une chose apparaît. Le débat municipal s’élargit désormais aux choix économiques de fond qui façonneront la ville dans les prochaines décennies.

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