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Rachida Dati, seule contre tous dans la bataille de Paris

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Malgré le retrait du soutien présidentiel, la ministre de la Culture maintient son ambition de conquérir la mairie de Paris, comptant sur son aura personnelle pour transcender les clivages partisans.

Le paysage politique parisien connaît un bouleversement majeur avec le choix de Renaissance de soutenir Pierre-Yves Bournazel plutôt que Rachida Dati. Cette décision prive la ministre de la Culture de l’investiture officielle de la majorité présidentielle, sans toutefois entamer sa détermination. Ses partisans estiment que sa notoriété et son ancrage local lui permettent de dépasser les logiques d’appareil.

La droite parisienne, divisée en trois groupes au Conseil de Paris, voyait dans la candidature de Rachida Dati l’opportunité de reprendre la capitale après vingt-trois ans de gestion socialiste. Le revirement de Renaissance modifie cependant la donne. Pour Agnès Evren, présidente de la fédération Les Républicains de Paris, la ministre incarne une marque politique singulière, le « datisme », qui transcende les étiquettes partisanes.

Rachida Dati affiche un sang-froid remarquable face à cette situation. Elle a déclaré que ce retrait de soutien n’affectait ni sa campagne ni sa volonté de victoire. Cette posture est confortée par le maintien d’appuis individuels au sein de la majorité, à l’image de Benjamin Haddad et de Sylvain Maillard, qui continuent de lui apporter leur concours.

Certains observateurs pointent toutefois les risques d’une division du camp de la droite et du centre. L’existence de deux listes distinctes au premier tour pourrait affaiblir leurs chances au second tour, selon plusieurs figures des Républicains. D’autres soulignent l’absence d’alternative crédible à la candidate, qui reste perçue comme la personnalité la plus à même de rassembler.

L’image publique de Rachida Dati demeure contrastée. Si elle bénéficie d’une forte visibilité médiatique et d’un réel capital de sympathie dans certains électorats, elle suscite également des réserves, voire des hostilités, au sein de la droite traditionnelle. Son procès à venir dans l’affaire Renault-Nissan pourrait en outre influencer le scrutin.

Sur le terrain, la candidate mise sur une stratégie de conquête des quartiers populaires et a implanté son quartier général de campagne dans le XIIe arrondissement, fief de son concurrent socialiste Emmanuel Grégoire. La réforme du mode de scrutin parisien, qui supprime l’élection par arrondissement, pourrait jouer en faveur d’une candidature unificatrice, selon l’analyse du constitutionnaliste Benjamin Morel.

Le scénario d’une victoire au second tour avec 35 % des voix, compte tenu de la prime majoritaire et de la dispersion des voix à gauche, reste plausible. Toutefois, la candidature de Pierre-Yves Bournazel introduit une variable d’incertitude. Même en cas de ralliement formel au second tour, une partie de ses soutiens pourrait se reporter sur le candidat socialiste, fragilisant ainsi les chances de la droite.

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