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Neuf CRS devant la justice pour des faits survenus lors du mouvement des « gilets jaunes »

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Près de huit ans après les événements, le procès de neuf fonctionnaires de la Compagnie républicaine de sécurité s’ouvre ce lundi à Paris. Ils sont poursuivis pour des violences commises à l’encontre de manifestants réfugiés dans un établissement commercial en décembre 2018.

Le tribunal correctionnel de Paris examine à partir de ce lundi le dossier de neuf gardiens de la paix, anciennement affectés à la CRS 43. Ces hommes doivent répondre de violences volontaires en réunion et avec arme, des chefs qui peuvent valoir jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende à certains d’entre eux. Les faits remontent au premier décembre 2018, lors d’une manifestation du mouvement des « gilets jaunes » à Paris, une journée décrite par la justice comme ayant présenté des difficultés particulières pour le maintien de l’ordre.

En fin de journée, alors que des tensions persistaient aux abords de l’Arc de Triomphe, plusieurs personnes ont pénétré dans un restaurant Burger King fermé, avenue de Wagram, pour se soustraire aux fumigations. Les forces de l’ordre ont alors reçu l’ordre d’intervenir à l’intérieur des lieux pour en évacuer les occupants, avec la possibilité de recourir à la force en cas de résistance. Selon les éléments de l’instruction, les manifestants présents n’ont opposé aucune hostilité, certains levant même les mains à l’arrivée des policiers. Malgré cela, des coups de matraque et de pied leur ont été portés sans sommation préalable.

L’enquête a établi que l’intervention, dont le mode opératoire avait été validé par le commandant d’unité, n’était pas justifiée. Les autorités hiérarchiques ont par la suite reconnu son illégitimité. Le magistrat instructeur a cependant estimé que la responsabilité pénale des supérieurs ne pouvait être retenue, tout en pointant des décisions inadaptées au contexte de l’époque. Cette analyse est contestée par certaines parties civiles, qui y voient une occasion manquée d’éclairer l’ensemble de la chaîne de commandement.

La défense des policiers, quant à elle, plaidera le contexte exceptionnel de cette journée, marquée selon elle par un niveau de violence inédit de la part de certains manifestants. Ce procès s’inscrit dans une série de procédures judiciaires concernant des incidents survenus durant le mouvement des « gilets jaunes ». D’autres affaires, impliquant notamment des blessures graves, sont en cours d’examen ou ont déjà donné lieu à des condamnations.

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