Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

MSF face à l’ultimatum israélien, l’angoisse des patients gazaouis

Article

le

La décision des autorités israéliennes d’expulser plusieurs organisations humanitaires, dont Médecins Sans Frontières, d’ici début mars, suscite une profonde inquiétude dans les hôpitaux de l’enclave palestinienne, où les besoins médicaux restent immenses.

Dans les couloirs de l’hôpital Nasser, au sud de la bande de Gaza, l’annonce a eu l’effet d’un coup de massue. Les autorités israéliennes ont notifié à trente-sept organisations internationales, parmi lesquelles Médecins Sans Frontières, l’obligation de quitter le territoire. Cette injonction, justifiée par Tel-Aviv au nom d’impératifs sécuritaires et vivement critiquée par la communauté internationale, intervient après le refus de ces ONG de transmettre la liste de leurs employés palestiniens. Pour les patients et le personnel soignant, cette mesure menace de priver la population d’un accès vital aux soins.

Adam, un jeune garçon soigné pour des blessures causées par des éclats d’obus, exprime une détresse partagée par de nombreux blessés. La perspective de voir partir les équipes médicales internationales plonge familles et patients dans le désarroi. Autour de lui, dans les salles surpeuplées, des enfants et des adultes suivent des traitements dans l’une des rares structures sanitaires encore opérationnelles. Tous espèrent un revirement ou un sursis qui permettrait à MSF de poursuivre ses activités.

L’organisation, présente depuis de nombreuses années, assure aujourd’hui la prise en charge d’au moins un cinquième des lits disponibles dans l’enclave. En 2025, ses équipes ont réalisé plus de huit cent mille consultations et assisté plus de dix mille naissances. Ses missions couvrent un spectre large, allant de la pédiatrie au traitement des brûlures, en passant par la distribution d’eau potable. Une coordinatrice sur place estime qu’il serait irréaliste, voire périlleux, de se retirer dans un délai de deux mois sans provoquer de graves conséquences sanitaires. Elle souligne l’ampleur des infrastructures déployées, avec plus d’une vingtaine de centres de santé, et la difficulté extrême à trouver un acteur capable de prendre le relais.

La logistique constitue un autre défi majeur. L’impossibilité de faire entrer de nouveaux personnels internationaux ou des approvisionnements réguliers via le point de passage de Kerem Shalom complique davantage la situation. Si les stocks ne sont pas encore épuisés, des pénuries sont considérées comme inévitables à court terme. Malgré ces pressions, la direction de MSF affirme son intention de maintenir ses opérations sur le terrain aussi longtemps que les conditions le permettront.

Les accusations israéliennes, selon lesquelles certains employés de l’ONG entretiendraient des liens avec des factions armées palestiniennes, sont fermement rejetées par l’organisation. Ces allégations s’inscrivent dans un contexte plus large où Israël affirme que le Hamas utilise des installations médicales, pourtant protégées par le droit international, à des fins militaires, justifiant ainsi plusieurs frappes passées.

Dans les salles de l’hôpital Nasser, le personnel, vêtu parfois de chasubles arborant le logo de MSF, continue son travail avec détermination. Entre les examens de plaies et la rédaction de rapports, quelques moments de réconfort sont partagés avec les jeunes patients. Pour des familles comme celle d’Iyad Youssef, dont le fils est soigné pour des brûlures depuis trois semaines, la présence de ces humanitaires reste un espoir ténu dans un paysage dévasté.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus