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Société

Morandini à l’antenne, un cas qui divise CNews en interne

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_**La condamnation définitive de l’animateur pour corruption de mineurs provoque un mouvement de retrait parmi les invités politiques et suscite des prises de parole inhabituelles au sein de la rédaction.**_

La chaîne d’information en continu se trouve confrontée à une situation délicate. La décision de sa direction de maintenir à l’antenne Jean-Marc Morandini, dont la condamnation pour corruption de mineurs a été confirmée en janvier par la Cour de cassation, génère des tensions croissantes. Cette posture a conduit plusieurs formations politiques à modifier leurs habitudes de présence sur le plateau. Le Rassemblement national a ainsi formellement demandé à ses élus et porte-parole de ne plus participer aux émissions de l’animateur, suivant en cela une distance déjà prise par la gauche. Seuls quelques élus de la droite républicaine continuent de s’y rendre.

En interne, la position de la direction, qui invoque le droit de l’animateur à poursuivre son combat judiciaire, notamment devant la Cour européenne des droits de l’Homme, ne fait pas l’unanimité. Plusieurs journalistes phares de la chaîne ont exprimé publiquement leur trouble, tout en affirmant leur loyauté professionnelle. Sonia Mabrouk a reconnu être interpellée par la situation, un sentiment partagé et relayé par Pascal Praud. Laurence Ferrari a pour sa part souligné son engagement personnel contre les violences sexuelles, tout en indiquant ne pas ressentir de malaise dans l’exercice de ses fonctions.

Cette ligne défendue par la direction est contestée par une partie du personnel. Le syndicat +Libres de Canal+ a réclamé le départ de Jean-Marc Morandini, arguant d’une atteinte à l’image du groupe et d’un impact sur le moral des équipes. Cette demande fait écho à un engagement pris en 2016 par l’ancienne direction de la chaîne, qui s’était dit prête à écarter l’animateur en cas de condamnation. Le climat actuel rappelle d’ailleurs la grève d’un mois qu’avait provoquée son arrivée à l’antenne à l’époque, alors qu’il venait d’être mis en examen.

Parallèlement, Jean-Marc Morandini fait face à une autre condamnation, prononcée en appel pour harcèlement sexuel, pour laquelle il a également formé un pourvoi. Malgré ce contexte judiciaire chargé, son émission quotidienne, qui rassemble en moyenne plusieurs centaines de milliers de téléspectateurs, se poursuit depuis les locaux parisiens de la chaîne, où des dispositions ont été prises pour limiter ses contacts avec les jeunes stagiaires.

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