Économie
Milei entame la deuxième partie de son quinquennat en position de force
_**Le président argentin aborde la nouvelle session parlementaire fort d’un succès électoral et d’un agenda réformateur en cours d’adoption, malgré un bilan économique contrasté et un ressenti social encore difficile.**_
Le chef de l’État argentin ouvre ce dimanche devant le Congrès la seconde phase de son mandat, porté par une dynamique politique récente. Les élections législatives de l’automne dernier lui ont offert un renforcement notable de sa représentation au Parlement, même si celle-ci ne constitue pas une majorité absolue. Cette avancée lui a permis d’engager, lors d’une session extraordinaire, l’examen de plusieurs textes structurants, dont un budget et une révision du droit du travail. Ces projets, négociés avec des appuis circonstanciels, illustrent la volonté du pouvoir d’accélérer son programme de transformation économique et institutionnelle.
L’exécutif peut également s’appuyer sur des signaux macroéconomiques positifs, avec une reprise de la croissance l’an passé et un infléchissement de l’inflation. Cette trajectoire est soutenue par une politique d’ouverture commerciale active, que ce soit dans le cadre des négociations entre le Mercosur et l’Union européenne ou via des accords bilatéraux. Pour de nombreux observateurs, le président aborde donc cette rentrée parlementaire dans une position consolidée, déterminé à poursuivre ce qu’il présente comme des réformes de « deuxième génération », touchant notamment à la fiscalité et au système pénal.
Cette dynamique politique contraste cependant avec les réalités sociales sur le terrain. La stabilisation des grands agrégats économiques ne s’est pas encore traduite par une amélioration tangible du pouvoir d’achat pour une large partie de la population. Le marché de l’emploi reste fragile, affecté par des suppressions de postes dans les secteurs public et privé, et certaines branches industrielles subissent de plein fouet la concurrence accrue permise par l’ouverture des frontières. Des fermetures d’usines récentes ont relancé le débat sur le coût social des transformations en cours.
Malgré ces difficultés, la cote de popularité du président demeure robuste dans les enquêtes d’opinion. Les analystes pointent un paradoxe entre un moral économique des ménages souvent bas et une forme de persistance de l’adhésion à la figure présidentielle. Cette résilience s’expliquerait en partie par la perception d’une stabilisation relative après des années de crise, et par l’absence, aux yeux d’une partie de l’électorat, d’une alternative politique crédible. La scène politique apparaît en effet marquée par une opposition péroniste qui peine à se reconstruire et à proposer un projet concurrent, laissant le champ largement ouvert à l’actuel locataire de la Casa Rosada pour la suite de son mandat.
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