Monde
Menace de déploiement militaire à Minneapolis après un incident policier
Le président américain évoque l’utilisation d’une loi d’exception pour envoyer l’armée dans la ville, alors que les tensions montent après une nouvelle fusillade impliquant les services fédéraux de l’immigration.
La situation à Minneapolis connaît une nouvelle escalade. Le président des États-Unis a publiquement envisagé, jeudi, le recours à une législation fédérale lui permettant d’engager l’armée sur le sol américain. Cette déclaration intervient après une nuit de confrontations entre manifestants et forces de l’ordre, elles-mêmes déclenchées par une intervention des services de l’immigration ayant conduit à une blessure par balle.
Selon les autorités fédérales, un ressortissant vénézuélien en situation irrégulière a été touché à la jambe par un agent lors d’une tentative d’arrestation mercredi soir. Le ministère de la Sécurité intérieure affirme que l’agent a fait usage de son arme pour se protéger, l’individu ayant résisté. Cet événement a provoqué le rassemblement de plusieurs centaines de personnes, dont certaines ont lancé des projectiles en direction des policiers.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le locataire de la Maison Blanche a directement mis en cause les élus locaux du Minnesota. Il les a sommés de faire respecter l’ordre et d’empêcher, selon ses termes, les attaques contre les agents fédéraux, sous peine de voir appliquer l’« Insurrection Act ». Cette loi, un reliquat des XVIIIe et XIXe siècles, autorise le pouvoir exécutif à employer l’armée pour le maintien de l’ordre intérieur, contournant ainsi l’interdiction habituelle. Sa dernière invocation remonte à 1992, lors des émeutes de Los Angeles.
Cette menace récurrente, brandie à plusieurs reprises ces derniers mois, s’inscrit dans un contexte de fortes tensions persistantes à Minneapolis. La ville est encore sous le choc de la mort d’une femme, tuée par balle la semaine dernière lors d’une opération policière. Les autorités démocrates de l’État accusent l’administration fédérale d’alimenter délibérément le chaos par un déploiement massif et des méthodes agressives de ses agents. Le gouverneur a dénoncé des pratiques intrusives et traumatisantes pour la population.
Parallèlement, la défiance s’accroît autour de l’enquête concernant le décès de la femme abattue le 7 janvier. Les représentants démocrates redoutent un manque d’impartialité de la part des enquêteurs fédéraux, d’autant que la thèse de la légitime défense a été publiquement soutenue par la plus haute autorité du pays. La famille de la victime a engagé une enquête civile indépendante, prélude à d’éventuelles poursuites judiciaires. Des centaines de renforts fédéraux supplémentaires sont arrivés dans la région cette semaine, venant s’ajouter aux effectifs déjà présents.
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