Société
Marseille, un engagement contre le trafic de stupéfiants scellé par une alliance politique
_**Le militant Amine Kessaci rejoint la liste du maire sortant Benoît Payan pour les élections municipales, avec l’ambition de faire de la cité phocéenne un exemple national dans ce combat.**_
La scène se déroule dans un lieu hautement symbolique, un ancien restaurant transformé en espace social au cœur des quartiers nord de Marseille. C’est de là qu’Amine Kessaci a officialisé, ce lundi, sa candidature sur la liste du Printemps marseillais, conduite par le maire sortant Benoît Payan. Le jeune homme de vingt-deux ans, figure associative connue pour son combat écologiste et sa lutte contre le trafic de drogues, entend désormais porter ce dossier au sein de l’exécutif municipal.
Son engagement personnel est profondément marqué par des drames familiaux. Il a perdu deux frères, Brahim en 2020 et Mehdi, abattu en pleine rue en novembre dernier. Ce dernier homicide, perçu comme un acte d’intimidation, a profondément ému la ville. Le militant affirme que son entrée en politique est un devoir envers leur mémoire. Il bénéficie d’une protection rapprochée constante et doit porter un gilet pare-balles lors de ses apparitions publiques.
L’intégration d’Amine Kessaci à la coalition de gauche rassemblée autour de Benoît Payan, allant des socialistes aux communistes et aux écologistes, représente un signal politique fort à moins de deux mois du scrutin. Dans une campagne où les questions de sécurité occupent une place centrale, et face aux ambitions affichées par le Rassemblement national, sa présence incarne une réponse axée sur la lutte contre les réseaux criminels. Il prône une approche globale, combinant le retour d’une police de proximité, le renforcement des services publics, notamment éducatifs, et l’amélioration des transports pour désenclaver les quartiers périphériques.
Cette candidature s’inscrit dans une trajectoire politique déjà engagée. En 2024, Amine Kessaci avait échoué de justesse au second tour des élections législatives face à la candidate du Rassemblement national. Depuis la mort de son frère, sa parole a acquis une résonance nationale. Il a multiplié les interventions publiques, apporté son soutien à d’autres élus écologistes, et annoncé son intention de créer, après le vote, une association nationale des maires mobilisés contre le narcotrafic. À travers l’association Conscience, qu’il a fondée, il intervient déjà dans plusieurs territoires en difficulté pour soutenir les familles confrontées à ce fléau. Son message, désormais entendu au plus haut niveau, reste inchangé. Il s’agit, selon ses termes, de transformer la parole en action quotidienne pour démontrer que la situation actuelle n’est pas une fatalité.
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