Société
Lyon s’apprête à vivre une bataille électorale décisive
Le maire écologiste sortant Grégory Doucet engage officiellement la course pour sa réélection face à une droite unifiée derrière Jean-Michel Aulas, dans une configuration politique redessinée.
Le scrutin municipal lyonnais s’annonce particulièrement disputé. Le maire écologiste sortant Grégory Doucet a lancé mardi sa campagne en vue des élections de 2026, entouré de ses alliés socialistes, communistes et de Place Publique. Cette mobilisation intervient dans un contexte où les dernières enquêtes d’opinion placent l’ancien président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, en position favorable au premier tour avec près de 47% des intentions de vote, contre environ 24% pour l’édile sortant.
Élu en 2020 lors d’une triangulaire, Grégory Doucet fait aujourd’hui face à une coalition inédite rassemblant Les Républicains, Renaissance et le Modem derrière son principal adversaire. Les sondages récents prévoient même une défaite au second tour pour le maire sortant, ce qui a conduit son camp à adopter une stratégie plus offensive. Dès mardi, des équipes de militants ont commencé à distribuer des tracts dans le centre-ville, suivant l’exemple donné par les soutiens de Jean-Michel Aulas depuis fin septembre.
L’équipe municipale actuelle affirme cependant ne pas vouloir céder à la précipitation. Selon la députée socialiste Sandrine Runel, il n’y a « pas d’urgence » à organiser de grands meetings, précisant que leur campagne ne répondrait « ni aux injonctions de Jean-Michel Aulas, ni à aucune autre pression ». Pour Valentin Lungenstrass, adjoint au maire et codirecteur de campagne, la situation nécessite néanmoins un engagement total. « Nous ne pourrons pas nous contenter d’une campagne tranquille de sortant. Il faudra proposer de nouvelles idées et mener une véritable campagne de conquête », a-t-il expliqué.
La tâche s’avère d’autant plus complexe que le candidat écologiste doit composer avec la candidature dissidente de La France Insoumise. La députée Anaïs Belouassa-Cherifi mènera en effet une campagne séparée au premier tour, conformément à la stratégie nationale de son mouvement. Elle occupe la troisième position dans les intentions de vote avec 10 à 15%, tout en laissant ouverte la possibilité d’un ralliement au second tour. Les écologistes affirment pour leur part concentrer leurs efforts sur les enjeux strictement lyonnais, sans se laisser distraire par les considérations nationales.
Le déséquilibre des ressources constitue un autre défi pour le camp sortant. Jean-Michel Aulas, qui a bâti sa fortune à la tête du groupe Cegid et dont la fortune personnelle est estimée à 450 millions d’euros, dispose de moyens considérables. Face à cet avantage matériel, les partisans de Grégory Doucet comptent sur leur mobilisation militante pour compenser. Les prochains mois s’annoncent donc particulièrement intenses sur le terrain, comme le reconnaît Emma, une militante écologiste du 9e arrondissement, pour qui la présence permanente sur le terrain sera déterminante.
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