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L’ultime verdict dans l’affaire des viols collectifs de Mazan


Le procès en appel de l’unique prévenu à avoir contesté sa condamnation s’achève ce jeudi à Nîmes, où la cour d’assises du Gard doit rendre son délibéré après quatre jours de débats.
La justice doit se prononcer sur le sort de Husamettin Dogan, cet ouvrier de 44 ans condamné en première instance à neuf années d’emprisonnement pour viols aggravés. L’homme risque théoriquement jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle, bien que cette éventualité apparaisse peu probable au regard des peines prononcées contre les autres condamnés. Quarante-neuf individus avaient écopé de sanctions allant de trois à quinze ans d’incarcération pour leur participation à ces agressions systématiques.
L’affaire trouve son origine dans les agissements de Dominique Pelicot, qui avait organisé pendant dix ans la soumission de son épouse à des relations sexuelles imposées. Après l’avoir préalablement droguée, il la livrait à des hommes recrutés via internet en leur faisant croire à des pratiques libertines consenties. La victime, devenue symbole international de la lutte contre les violences faites aux femmes, a livré un témoignage poignant lors de l’audience.
L’avocat général Dominique Sié a présenté ses réquisitions devant un jury populaire composé de cinq hommes et quatre femmes. Lors du premier procès à Avignon, le parquet avait requis douze ans de réclusion contre l’accusé. La représentante du ministère public avait alors insisté sur la portée historique du verdict, qualifiant celui-ci de testament pour les générations futures et appelant à restaurer l’humanité volée de la plaignante.
La défense a pour sa part maintenu la ligne argumentaire développée depuis le début de la procédure. L’accusé persiste à affirmer qu’il croyait participer à des échanges consentis entre adultes, se disant victime d’une manipulation inimaginable. Ses avocats ont produit des photographies montrant la plaignante en compagnie de plusieurs hommes, suggérant que ces images ont pu servir d’appât pour tromper leur client.
Cette version des faits avait été rejetée par la cour criminelle de Vaucluse, qui avait estimé dans son arrêt que chacun des accusés était en mesure de comprendre la réalité de la situation. La victime a fermement rappelé devant la cour l’absence totale de consentement, interpellant directement le prévenu pour lui demander à quel moment elle aurait pu exprimer son accord. Le délibéré est attendu dans l’après-midi.





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