Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

L’opération américaine au Venezuela divise la classe politique française

Article

le

_**Les réactions à Paris illustrent un clivage profond sur la question de la souveraineté des États et des méthodes employées par Washington.**_

La nouvelle de l’intervention militaire américaine ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro a provoqué une onde de choc dans l’échiquier politique français. Les formations de gauche ont exprimé une réprobation sans équivoque, tandis que la droite et l’extrême droite ont adopté une position plus mesurée, distinguant la fin des moyens.

Jean-Luc Mélenchon, figure de La France insoumise, a immédiatement qualifié l’action des États-Unis d’« enlèvement odieux » et d’atteinte à la souveraineté du Venezuela, motivée selon lui par la volonté de contrôler les ressources pétrolières du pays. Il a exhorté le gouvernement français à rompre son silence et à condamner fermement cette opération, qu’il assimile à une agression d’un autre temps. Le Parti socialiste, par la voix d’Olivier Faure, a joint sa voix à cette condamnation, estimant que l’usage de la force, quel que soit le jugement porté sur le régime de Caracas, sape les fondements du droit international et constitue un précédent dangereux.

Les appels à une réaction officielle de la France se sont multipliés à gauche. Le Parti communiste a dénoncé un « scandale absolu » et réclamé une position ferme de Paris. La France insoumise a, quant à elle, publié un communiqué enjoignant l’exécutif à exiger un cessez-le-feu immédiat, à défendre la souveraineté vénézuélienne et à saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. Des rassemblements de soutien au peuple vénézuélien ont été annoncés dans la capitale.

À l’opposé du spectre politique, les réactions ont été notablement différentes. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a adopté une posture en demi-teinte. S’il a affirmé que le départ de Nicolas Maduro ne serait pleuré par personne, il a simultanément rappelé l’impératif du respect de la souveraineté des États et du droit international, qui ne saurait selon lui souffrir d’application sélective. Il a plaidé pour que la parole soit rapidement rendue aux Vénézuéliens par le biais d’un processus démocratique. Une position que semble partager Éric Ciotti, dont la formation est alliée au RN, lequel a salué la « chute du dictateur » tout en l’assortissant d’un appel au respect des procédures légales pour la transition.

Cette divergence de vues met en lumière les fractures idéologiques persistantes sur la scène politique française face aux interventions extérieures. D’un côté, une gauche qui dénonce un impérialisme et une violation du droit, de l’autre, une droite qui, sans approuver les méthodes, voit dans l’éviction de Maduro une opportunité politique, à condition qu’elle ouvre la voie à une restauration démocratique. L’attente porte désormais sur la réaction officielle du Quai d’Orsay, qui devra naviguer entre ces lignes de fracture tout en définissant la position de la France sur la scène internationale.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus