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Économie

L’ombre de Washington plane sur les Alpes suisses

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_**Le Forum économique de Davos, lieu traditionnel de consensus, se transforme cette année en arène diplomatique, alors que les ambitions américaines sur le Groenland cristallisent les tensions avec les alliés européens.**_

La présidente de la Commission européenne a adressé un avertissement sans ambiguïté depuis l’estrade du Forum économique mondial. Face aux revendications répétées de l’administration américaine sur le territoire groenlandais, elle a annoncé une réaction collective et mesurée de l’Union. Elle a souligné que l’imposition de nouvelles barrières commerciales par Washington contre certains États membres constituerait une faute stratégique, nuisant à une alliance forgée de longue date. L’exécutif communautaire rappelle par ailleurs l’existence d’un pacte commercial récemment conclu entre les deux rives de l’Atlantique, dont le respect s’impose.

L’arrivée imminente de l’hôte de la Maison Blanche dans la station alpine a précipité les consultations entre capitales européennes. Un sommet extraordinaire est d’ores et déjà convoqué à Bruxelles pour coordonner la position du Vieux Continent et examiner des mesures de réponse potentielles. De son côté, le locataire de la Maison Blanche maintient une pression constante, justifiant ses prétentions par des impératifs de sécurité face à des puissances rivales dans l’Arctique. Il a réaffirmé sa conviction que les résistances européennes seraient limitées.

Cette offensive diplomatique intervient dans un contexte plus large de remise en cause des cadres multilatéraux par l’administration américaine, qui utilise fréquemment l’outil tarifaire comme levier de négociation. La délégation des États-Unis, particulièrement nombreuse et visible cette année à Davos, multiplie les interventions pour défendre son point de vue. Le secrétaire au Trésor a notamment écarté la possibilité que les Européens utilisent leurs avoirs en dette américaine comme moyen de pression, invoquant la prééminence et la liquidité incontestées de ce marché.

Les prises de position divergent au sein même de l’Europe. Alors que Paris plaide pour une fermeté sans faille, d’autres capitales, comme Berlin, semblent privilégier une approche davantage tournée vers le dialogue pour éviter une surenchère commerciale. Cette affaire place les alliés transatlantiques devant un dilemme complexe, mêlant souveraineté territoriale, logiques de puissance et équilibres économiques. Les prochains jours, à Davos puis à Bruxelles, dessineront les contours de la riposte européenne.

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