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L’ombre de Joseph Kony plane sur la Cour pénale internationale

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La CPI examine cette semaine les charges retenues contre le chef de la LRA, absent mais toujours au cœur d’une procédure historique pour des crimes commis il y a plus de vingt ans.

La Cour pénale internationale a entamé mardi une audience inédite concernant Joseph Kony, le chef rebelle ougandais inculpé depuis 2005. Bien que toujours en fuite, ce dernier fait l’objet de trente-neuf accusations pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, allant du meurtre à l’esclavage sexuel, perpétrés entre 2002 et 2005 dans le nord de l’Ouganda.

Cette audience, prévue pour durer trois jours, ne constitue pas un procès mais une étape préliminaire visant à confirmer les charges. Les juges devront ensuite statuer dans un délai de soixante jours sur l’opportunité d’engager des poursuites. Toutefois, un procès ne pourra se tenir qu’en présence de l’accusé, conformément au règlement de la Cour.

Les avocats de Kony ont dénoncé une procédure coûteuse et vaine, tandis que le parquet estime qu’elle permettra d’accélérer d’éventuelles audiences futures. Fondateur de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), Kony est tenu pour responsable de la mort de plus de cent mille personnes et de l’enlèvement de soixante mille enfants, selon les estimations des Nations unies.

Les récits des survivants décrivent des pratiques d’une extrême violence, incluant cannibalisme et tortures systématiques. Everlyn Ayo, aujourd’hui âgée de 39 ans, se souvient avoir été contrainte, enfant, de fuir chaque nuit pour échapper aux raids de la milice. Pour elle comme pour beaucoup d’autres, les séquelles psychologiques demeurent indélébiles.

Bien que chassé d’Ouganda en 2006, Kony aurait établi des bases au Soudan puis en République centrafricaine. Sa trace s’est perdue depuis sa dernière apparition médiatique en 2006, où il niait toute accusation. Aujourd’hui, son état même – vivant ou mort – reste inconnu.

Pour les victimes, cette audience représente malgré tout un pas vers la reconnaissance de leurs souffrances. Stella Angel Lanam, ancienne enfant soldat, souligne que rien ne effacera le passé, mais que la justice internationale doit tenir son rôle, même en l’absence de l’accusé.

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