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L’Iran face à la contestation, entre appels à l’apaisement et menaces de répression

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Alors que les manifestations économiques se poursuivent, le pouvoir tente un équilibre délicat entre reconnaissance des griefs populaires et fermeté envers ce qu’il qualifie d’émeutes.

Le président Massoud Pezeshkian a enjoint aux forces de l’ordre de s’abstenir de toute action violente à l’encontre des manifestants pacifiques. Cette instruction, diffusée par l’agence officielle Mehr, intervient alors que le mouvement de protestation entre dans sa deuxième semaine. Le chef de l’État a toutefois établi une distinction nette, mettant en garde contre les individus armés s’attaquant aux bâtiments officiels, qu’il a désignés comme des fauteurs de trouble.

Cette tentative d’apaisement contraste avec la rhétorique employée par le commandement militaire. Le général Amir Hatani a réagi avec véhémence aux déclarations de l’ancien président américain Donald Trump, qui avait évoqué une intervention possible. Les propos de Washington et de Tel-Aviv ont été qualifiés d’inacceptables, le responsable militaire promettant une réponse ferme en cas de nouvelle provocation.

Les tensions se sont manifestées de manière tangible au cœur de la capitale. Pour la première fois depuis le début des rassemblements, des affrontements ont éclaté en journée mardi dans le secteur du Grand Bazar, épicentre traditionnel du commerce et foyer de la contestation. Les forces de sécurité ont eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser les foules, une opération ayant involontairement affecté un établissement hospitalier voisin. Malgré ces incidents, l’activité semblait revenue à la normale mercredi sur les principales artères de Téhéran.

Le mouvement, né de plaintes contre la flambée des prix et la stagnation économique, a pris de l’ampleur au point de gagner près d’une cinquantaine de localités, principalement dans les régions occidentales du pays. Des heurts violents, parfois mortels, ont été signalés dans des zones éloignées de la capitale, notamment dans le comté de Malekshahi.

Le bilan humain reste incertain et fait l’objet de comptes divergents. Une organisation non gouvernementale basée à l’étranger fait état de plusieurs dizaines de décès parmi les protestataires et de plus d’un millier d’arrestations. Les médias nationaux, s’appuyant sur des sources officielles, rapportent un nombre inférieur de victimes, incluant des membres des forces de l’ordre.

Cette vague de mécontentement, la plus significative depuis les mobilisations de 2022, représente un défi de taille pour les autorités. Elle survient dans un contexte national fragilisé par les récentes tensions régionales et le retour de contraintes internationales, posant une question cruciale sur la capacité du pouvoir à répondre aux attentes sociales tout en maintenant l’ordre public.

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