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L’impunité redoutée après une intervention meurtrière de l’ICE à Minneapolis

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Les élus locaux s’inquiètent du cours de l’enquête confiée aux autorités fédérales, tandis que la colère monte dans les rues contre la police de l’immigration.

À Minneapolis, la mort d’une femme de 37 ans, Renee Nicole Good, abattue mercredi par un agent fédéral de l’immigration, suscite une vive tension politique et sociale. Les responsables démocrates de la ville expriment publiquement leurs craintes quant à une possible impunité pour l’agent impliqué, alors que l’enquête est entièrement conduite par les instances fédérales. Ces dernières affirment que l’officier a agi en état de légitime défense, prétendant que la conductrice aurait tenté de le renverser.

Cette version des faits est fermement contestée par les élus locaux, qui déplorent d’avoir été écartés des investigations. Le maire Jacob Frey a fait part de son inquiétude, estimant que le ministère de la Justice avait déjà « bouclé une grande partie de l’enquête ». Des vidéos circulant publiquement semblent, selon ces élus, contredire la thèse de la légitime défense avancée par Washington.

La procédure judiciaire est au cœur des préoccupations. La procureure locale, Mary Moriarty, a indiqué que le FBI détenait des éléments matériels cruciaux, comme le véhicule ou les douilles, sans les partager avec ses services. Elle a lancé un appel à témoins pour permettre une instruction complète au niveau local. Dans le même temps, le vice-président JD Vance a évoqué une « immunité absolue » qui protégerait l’agent auteur des tirs, un ancien militaire expérimenté déjà blessé en service l’an dernier.

La rue, elle, manifeste son courroux. Depuis mercredi, des rassemblements se succèdent pour réclamer le départ des forces de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) du Minnesota. Devant un bâtiment fédéral, une poignée de manifestants, bravant le froid, font face à des agents en tenue tactique, dans une atmosphère tendue mais contenue. « L’ICE doit dégager d’ici », résume une habitante, exprimant un sentiment partagé par de nombreux résidents qui décrivent un climat de peur lié aux opérations de cette police.

Le drame résonne douloureusement dans une ville encore marquée par la mort de George Floyd en 2020. Le lieu du drame n’est qu’à quelques kilomètres de l’endroit où l’Afro-Américain avait perdu la vie. Une artiste a entrepris de peindre un portrait de la victime, souriante et entourée de fleurs, sur le pavé du carrefour désormais dégagé.

Selon des données spécialisées, Renee Nicole Good serait la quatrième personne tuée par des agents de l’ICE depuis le lancement de la politique d’expulsions massives sous l’administration Trump. Dans un incident distinct, survenu jeudi à Portland, deux personnes ont été blessées par des tirs d’agents fédéraux lors d’un contrôle, relançant le débat sur les méthodes de ces unités. La gouverneure de l’Oregon a demandé une enquête approfondie sur cet épisode.

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