Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

L’heure du verdict pour l’ancien président brésilien

Article

le

Le sort judiciaire de Jair Bolsonaro se joue à la Cour suprême, où les derniers votes détermineront si l’ex-chef d’État est reconnu coupable de tentative de putsch.

La Cour suprême du Brésil s’apprête à rendre son verdict dans le procès historique visant l’ancien président Jair Bolsonaro, accusé d’avoir dirigé une entreprise criminelle destinée à le maintenir au pouvoir après sa défaite électorale face à Luiz Inacio Lula da Silva en 2022. Les derniers magistrats doivent désormais se prononcer, alors que la majorité requise pour une condamnation est sur le point d’être atteinte.

À ce stade des délibérations, la balance penche en faveur d’une condamnation, avec deux voix contre une déjà exprimées en ce sens. Une seule additional suffirait à sceller le sort de l’ancien dirigeant d’extrême droite, qui encourt une peine pouvant aller jusqu’à quarante-trois années d’emprisonnement. Âgé de soixante-dix ans et inéligible jusqu’en 2030, Bolsonaro suit les débats depuis son assignation à résidence à Brasilia, officiellement pour raisons médicales.

La juge Carmen Lucia, seule femme siégeant à la haute cour, a insisté sur le principe d’égalité devant la loi lors de son intervention. Son collègue Cristiano Zanin, ancien avocat du président Lula, clôturera les débats par un ultime vote. Le verdict final pourrait être connu dès ce vendredi.

Ce procès sans précédent ravive les fractures profondes d’une nation encore marquée par son passé autoritaire. Dans les rues de la capitale, les avis divergent radicalement. Certains dénoncent une instrumentalisation politique de la justice, tandis que d’autres y voient une nécessaire accountability démocratique.

La procédure a également envenimé les relations diplomatiques entre Brasilia et Washington. L’administration Trump a imposé des sanctions économiques et suspendu les visas de plusieurs magistrats brésiliens, dénonçant une persécution politique visant son allié idéologique.

Au cœur des débats, la nature des faits reprochés. Le juge rapporteur Alexandre de Moraes a estimé que le pays avait frôlé le retour de la dictature. À l’inverse, le magistrat Luiz Fux a plaidé pour l’acquittement, jugeant les preuves insuffisantes et le complot jamais sorti du stade préparatoire.

Quel que soit l’issue, cette décision judiciaire s’annonce comme un moment charnière pour la démocratie brésilienne, avec des répercussions durables sur l’équilibre politique national et les relations internationales du pays.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus