Monde
L’exode des oubliés du Kordofan-Sud
Alors que les combats s’intensifient dans le sud du Soudan, des dizaines de milliers de civils sont pris dans un mouvement de fuite chaotique, ballotés entre les lignes de front et confrontés à une précarité extrême dans des camps de fortune.
Le récent avancement des forces paramilitaires dans la région du Kordofan-Sud a précipité un nouvel épisode de déplacement massif. Des familles entières, surprises par l’offensive, ont dû abandonner leurs foyers dans la précipitation la plus totale, souvent sans aucun effet personnel. Leur parcours pour échapper aux violences les a conduites à traverser à plusieurs reprises la frontière avec le Soudan du Sud, dans une quête éperdue de sécurité.
Les conditions de cet exode sont décrites comme extrêmement pénibles. Les civils ont fui à pied sur de longues distances, parfois sans chaussures ni vêtements adaptés, sous la menace des combattants. Après avoir trouvé un refuge précaire de l’autre côté de la frontière, nombre d’entre eux ont dû être rapatriés vers des zones contrôlées par l’armée soudanaise, un voyage éprouvant effectué dans des camions de chantier surchargés. Certaines familles ont été séparées durant ces transferts.
Ces populations épuisées se retrouvent aujourd’hui entassées dans des centres de transit comme celui d’Abou al-Naga, dans l’est du Soudan. Le site, conçu pour un nombre limité de personnes, est aujourd’hui submergé. Les nouveaux arrivants y font face à une situation humanitaire alarmante, marquée par une insuffisance criante d’abris, de nourriture et de soins médicaux.
Dans le camp, les familles dorment à même le sol, serrées les unes contre les autres pour se protéger du froid hivernal. La distribution de vivres donne lieu à des files d’attente interminables pour des rations minimales. L’accès à l’eau potable et aux médicaments reste notoirement insuffisant, tandis qu’une clinique de fortune peine à répondre aux besoins croissants. Les autorités locales reconnaissent l’ampleur des besoins et appellent à un renforcement urgent de l’aide internationale.
Cet afflux de déplacés survient dans un contexte de siège et de tensions accrues autour de plusieurs villes du Kordofan-Sud, où des centaines de milliers de personnes seraient menacées par une insécurité alimentaire aiguë. Le conflit, qui oppose depuis près de deux ans l’armée régulière aux forces paramilitaires, continue ainsi de redessiner la carte des déplacements humains dans le pays, laissant des communautés entières dans un dénuement absolu et un profond désarroi.
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