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L’Europe explore des partenariats extérieurs pour la gestion migratoire

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Un groupe de cinq États membres de l’Union européenne avance discrètement sur des projets visant à externaliser une partie des procédures liées aux demandes d’asile et aux retours. Plusieurs pays tiers, dont le Rwanda et l’Ouzbékistan, figurent parmi les destinations envisagées.

Un cercle restreint de capitales européennes, particulièrement actives sur le dossier des migrations, travaille actuellement à l’élaboration de projets conjoints avec des États situés hors de l’Union. Le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas mènent des discussions exploratoires afin d’établir des coopérations opérationnelles avec une dizaine de pays. L’objectif déclaré est de développer ce que les institutions européennes qualifient de solutions innovantes pour la gestion des flux migratoires.

Les échanges, encore à un stade préliminaire, ont permis de dresser une liste non exhaustive de partenaires potentiels. Celle-ci inclut des nations africaines comme le Rwanda, le Ghana, le Sénégal ou la Mauritanie, mais aussi des pays d’Asie centrale tels que l’Ouzbékistan, ainsi que certains États des Balkans. Les modalités de coopération pourraient prendre diverses formes, allant de l’examen des demandes de protection internationale au retour des personnes dont la requête a été rejetée.

Cette approche, qui suscite de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains, gagne cependant en audience au sein de l’UE. Ses partisans y voient un moyen de décourager les départs irréguliers vers le continent européen. Les participants aux discussions affirment tirer les enseignements d’initiatives antérieures, comme l’accord entre l’Italie et l’Albanie ou le projet controversé entre le Royaume-Uni et le Rwanda, qui ont rencontré des obstacles juridiques et opérationnels.

Les diplomates impliqués soulignent que la sélection des pays partenaires ne relève pas d’un choix arbitraire, mais s’appuie sur des relations bilatérales préexistantes en matière de migration. La confidentialité entourant ces pourparlers reste de mise, en raison de la sensibilité politique du sujet. Une mission européenne pourrait prochainement se rendre au Rwanda, considéré comme l’une des pistes les plus avancées.

La Commission européenne participe aux réunions en qualité d’observateur, affirmant soutenir les efforts des États membres sans s’exprimer directement sur les choix de partenaires. Certains gouvernements, comme ceux de l’Allemagne et de l’Autriche, espèrent aboutir à des accords concrets d’ici la fin de l’année. D’autres capitales, notamment Paris et Madrid, expriment quant à elles des réserves quant à l’efficacité et à la faisabilité de tels dispositifs, préférant rester en marge de ces discussions.

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