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L’Europe en panne sur sa stratégie climatique pour 2040

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À quelques semaines de la COP30, les Vingt-Sept peinent à s’accorder sur un objectif de réduction des émissions, révélant des fractures profondes et une remise en question collective de l’ambition environnementale du continent.

Les divisions persistent au sein de l’Union européenne sur l’objectif de réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040, par rapport aux niveaux de 1990. Vendredi, à Bruxelles, les diplomates ont une nouvelle fois constaté l’absence de consensus, malgré les efforts de la présidence danoise pour parvenir à un compromis avant la réunion des ministres de l’Environnement prévue le 18 septembre. Face aux résistances, Copenhague a dû reporter ses ambitions et table désormais sur un accord avant la fin de l’année.

Plusieurs États membres, dont la France, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne, ont demandé que le dossier soit renvoyé devant le Conseil européen en octobre. Cette position retarde d’autant l’adoption d’une position commune avant la tenue de la COP30, qui se déroulera à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre. La Commission européenne affichait pourtant encore récemment sa conviction que l’Union serait en mesure de porter une position ambitieuse sur la scène internationale.

Certains diplomates évoquent désormais la possibilité que l’UE se présente à la conférence onusienne avec une fourchette indicative plutôt qu’un chiffre arrêté. Des pays comme la Hongrie, la Pologne ou la République tchèque restent fermement opposés au niveau d’exigence proposé, invoquant la protection de leur base industrielle. Bruxelles avait pourtant consenti début juillet à assouplir les modalités de calcul en intégrant des crédits carbone internationaux, sans parvenir à dissiper les réticences.

La France, de son côté, maintient une position jugée ambiguë par certains observateurs. Paris souligne que seules les trajectoires pour 2035 doivent être présentées à la COP30 et demande des garanties sur le nucléaire ainsi que sur le financement des industries vertes. Cette approche a été vivement critiquée par le Haut Conseil pour le climat, qui y voit un risque de blocage institutionnel.

Dans un contexte de poussée des forces politiques hostiles aux régulations environnementales, et alors que l’extrême droite dénonce régulièrement une « écologie punitive », l’Union européenne semble perdre de sa superbe en matière de leadership climatique. Malgré tout, la Commission continue d’affirmer que l’Europe demeure l’un des acteurs les plus engagés dans la lutte contre le changement climatique.

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