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Les ambitions de Trump sur le Groenland placent Moscou dans une position d’attente calculée

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Face aux déclarations répétées de l’ancien président américain sur l’acquisition du territoire arctique, le Kremlin adopte une ligne prudente et évite toute prise de position tranchée, observant les divisions qu’elles suscitent au sein de l’Alliance atlantique.

Les autorités russes se montrent pour l’instant réservées quant aux propositions formulées par Donald Trump concernant le Groenland. Ces déclarations, réitérées ces dernières semaines, ont relancé un débat international sur le statut de ce vaste territoire autonome danois. Washington a récemment pointé du doigt Moscou comme une menace potentielle pour la région, accusation qui n’a pas provoqué de réaction officielle ferme de la part du président Vladimir Poutine.

La communication russe apparaît même contrastée. Le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé que le Groenland ne constituait pas une composante naturelle du Danemark mais relevait d’un héritage colonial. Quelques jours auparavant, le porte-parole de la présidence, Dmitri Peskov, avait pour sa part indiqué que Moscou considérait ce territoire comme faisant partie intégrante du royaume danois, qualifiant la situation d’inhabituelle sur le plan du droit international.

L’ancien locataire de la Maison Blanche justifie son projet par des impératifs de sécurité nationale, invoquant l’influence grandissante de la Russie et de la Chine dans l’Arctique. Il a notamment affirmé que Copenhague était incapable d’assurer la défense de l’île face à ces puissances. Interrogés sur les intentions russes dans la zone, les représentants du Kremlin ont refusé de s’exprimer sur d’éventuels projets, tout en niant catégoriquement toute velléité de conquête.

Moscou a par ailleurs exprimé de vives préoccupations suite à l’annonce de renforts militaires de l’Otan au Groenland, dénonçant une accélération de la militarisation du Grand Nord sous de faux prétextes. Si le Kremlin semble ne pas avoir encore arrêté une position définitive, les analystes notent que les dissensions entre les États-Unis et leurs alliés européens sur ce dossier pourraient servir ses intérêts stratégiques.

Cette discorde affaiblit en effet la cohésion occidentale et complique la mise en œuvre d’une politique unie à l’encontre de Moscou. Certains observateurs estiment que la perspective d’une annexe américaine d’un territoire appartenant à un membre de l’Union européenne et de l’Otan pourrait inciter certains capitales à rouvrir un dialogue avec la Russie. Toutefois, il reste incertain que ces divisions se traduisent à court terme par des gains concrets pour la politique russe, notamment sur le dossier ukrainien.

Dans les médias alignés sur le pouvoir, le différend transatlantique est accueilli avec une certaine satisfaction, certains titres évoquant un profond désarroi européen. Dmitri Peskov s’est contenté de déclarer que l’accession de Donald Trump au contrôle du Groenland le ferait entrer dans l’histoire, sans préciser si ce serait une bonne ou une mauvaise chose. Début 2025, Vladimir Poutine avait pour sa part reconnu une certaine profondeur historique aux vues américaines sur le Groenland, tout en s’inquiétant de la perception croissante de l’Arctique comme une plateforme potentielle de conflit par les pays de l’Alliance.

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